🇫🇷
Et il plaisante pas
Il existe dans la vie certains rituels qui remplissent l’âme d’une sourde angoisse : le dentiste, le contrĂ´le technique annuel, et le moment oĂą le portail de dĂ©claration des impĂ´ts français s’illumine comme un Faucheur numĂ©rique, faux aiguisĂ©e, bĂ©ret bien vissĂ© sur la tĂŞte.
Pendant sept jours, je me suis livrĂ© Ă ce qu’on ne peut appeler que de la prĂ©paration fiscale intensive — rassembler les documents justificatifs, dĂ©chiffrer les dernières règles en vigueur, et marmonner dans mon cafĂ© d’un air sombre. Le sel de l’affaire, c’est que l’intĂ©gralitĂ© de mes revenus de retraite arrive de l’Ă©tranger, ce qui signifie que la France — dans son infinie gĂ©nĂ©rositĂ© — me laisse faire absolument tout le travail moi-mĂŞme. Pas de prĂ©lèvement Ă la source ici, merci bien. Chaque ligne, chaque case, remplie de ma propre main, armĂ© de mes lunettes de lecture, d’un tableur et d’une lĂ©gère panique existentielle.
Ce matin, ma liste de tâches — ce petit document tyrannique qui gouverne mon existence — a rendu son verdict : Assieds-toi. Fais ta dĂ©claration. Pas d’excuses. J’ai obĂ©i, me glissant dans mon fauteuil avec l’enthousiasme d’un homme qui marche vers l’Ă©chafaud.
Et là , chose étrange entre toutes.
Je ne me suis pas arrĂŞtĂ© avant d’avoir tout terminĂ©.
La totalitĂ©. Complète. EnvoyĂ©e. ExpĂ©diĂ©e dans l’Ă©ther numĂ©rique de la Direction GĂ©nĂ©rale des Finances Publiques. VoilĂ .
Est-ce que j’apprĂ©cie le chiffre qui me regarde fixement dans la case « montant supplĂ©mentaire Ă payer » ? Cher lecteur, je n’apprĂ©cie pas. C’est un petit nombre particulièrement offensant que j’ai choisi de ne pas rĂ©pĂ©ter en bonne compagnie. Disons simplement qu’il a quelque peu rĂ©organisĂ© mes sentiments vis-Ă -vis des revenus de retraite d’origine Ă©trangère.
Le prochain dĂ©fi ? Trouver un expert-comptable ou un conseiller fiscal disposĂ© Ă jeter un Ĺ“il professionnel sur mon travail. En thĂ©orie, simple. En pratique — et je dis cela après avoir consacrĂ© un temps considĂ©rable Ă la question — c’est apparemment aussi facile que de trouver un fonctionnaire français qui aime la paperasse. Ils existent, paraĂ®t-il. Je persĂ©vĂ©rerai.
Mais pour aujourd’hui ? La dĂ©claration est faite, le vin est ouvert, et le fisc peut attendre jusqu’Ă demain.
Vive la retraite. 🥂
🇬🇧
And he speaks French
There are certain rituals in life that fill the soul with dread: the dentist, the annual car inspection, and the moment the French tax declaration portal flickers to life like some digital Grim Reaper, scythe sharpened, beret firmly tilted.
For the past seven days, I have been locked in what can only be described as préparation fiscale intensive — gathering backup papers, deciphering the latest tax rules, and muttering darkly into my coffee. The particular joy of my situation is that all my retirement income arrives from foreign shores, meaning that France — ever generous — lets me do absolutely all the heavy lifting myself. No deductions at source here, merci beaucoup. Every single line, every single box, filled in by yours truly, armed with nothing but reading glasses, a spreadsheet, and a mild sense of existential panic.
This morning, my to-do list — that tyrannical little document that runs my life — issued its orders: Sit down. Do the taxes. No excuses. I obeyed, reluctantly lowering myself into my desk chair with the enthusiasm of a man walking a plank.
And then a funny thing happened.
I didn’t stop until it was done.
The whole thing. Complete. Filed. Dispatched into the digital ether of the French Republic’s revenue service. Boom.
Now, do I like the number staring back at me from the “additional tax due” field? Reader, I do not. It is an offensive little figure that I have chosen not to repeat in polite company. Let’s just say it has rearranged my feelings about international retirement income rather significantly.
The next challenge? Finding an accountant or tax expert willing to cast a professional eye over my handiwork. In theory, simple. In practice — and I say this having now spent considerable time on the matter — apparently about as easy as finding a French bureaucrat who enjoys paperwork. They exist, supposedly. I shall persist.
But for today? The declaration is done, the wine is open, and the taxman can wait until tomorrow.
Vive la retraite. 🥂
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