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La note du contribuable
Pendant des annĂ©es, les signaux Ă©taient lĂ , visibles pour quiconque voulait bien les regarder. La consommation de vin baisse rĂ©gulièrement en France et en Europe. Les chiffres ne sont pas un secret. Les tendances n’ont surpris personne. Et pourtant, une grande partie des vignerons en Occitanie — et ailleurs — n’a strictement rien fait. Pas de pivot, pas de diversification, pas de remise en question sĂ©rieuse de ce qu’ils produisaient ni de la façon dont ils le vendaient.
Aujourd’hui vient le temps des comptes. Les vignes sont arrachĂ©es, et avec elles arrivent les chèques d’indemnisation — payĂ©s, comme toujours, par le contribuable.
Soyons clairs sur ce que c’est : ce n’est pas de la malchance. Ce n’est pas la faute des importations chiliennes ou de la concurrence espagnole, mĂŞme si ce discours vous sera servi Ă l’infini. C’est la consĂ©quence prĂ©visible d’annĂ©es de mĂ©diocritĂ©, de complaisance, et d’une absence sidĂ©rante de sens des affaires. Quand votre produit est moyen et que votre marchĂ© rĂ©trĂ©cit, la rĂ©ponse n’est pas d’attendre une aide publique. C’est de s’amĂ©liorer, ou de partir.
Le paradoxe est que la qualitĂ© est manifestement possible. Je connais des producteurs dans cette rĂ©gion qui font des vins exceptionnels — des vins qui mĂ©ritent leur rĂ©putation et qui la portent haut. Ceux-lĂ ne pleurent pas sur leurs vendanges. Ils repoussent des clients faute de pouvoir satisfaire la demande. Les listes d’attente sont rĂ©elles. La passion est Ă©vidente. Et le contraste avec leurs voisins est accablant.
Qu’est-ce qui les distingue alors ? Pas le terroir — c’est le mĂŞme. Pas le climat. C’est le savoir-faire, la rigueur, l’investissement dans la connaissance, et la volontĂ© de traiter la viticulture comme un vrai mĂ©tier et une vraie entreprise, plutĂ´t que comme un hĂ©ritage qui se suffit Ă lui-mĂŞme.
Au lieu de cela, beaucoup dans la filière se sont reposĂ©s sur les appellations, les subventions, et une image romantisĂ©e du vigneron — convaincus que la bouteille se vend d’elle-mĂŞme parce qu’elle porte une Ă©tiquette rĂ©gionale. Elle ne se vend pas. Elle ne s’est jamais vendue toute seule, et en 2026, certainement plus.
En tant que contribuable qui finance une nouvelle fois un plan d’aide structurel, je suis en droit de poser la question : pour quoi paie-t-on exactement ? Si le vin n’est pas assez bon pour se vendre, le problème vient peut-ĂŞtre du vin. Et peut-ĂŞtre que le temps de faire poliment semblant du contraire est bel et bien rĂ©volu.

🇬🇧
The great wine swindle
A taxpayer’s reckoning
For years, the signs have been there for anyone willing to look. Wine consumption has been falling steadily across France and Europe. The numbers are not a secret. The trends are not a surprise. And yet, a large portion of wine growers in Occitanie — and beyond — did precisely nothing about it. No pivot, no diversification, no serious rethink of what they were producing or how they were selling it.
Now comes the reckoning. Vines are being uprooted, and with them come the compensation cheques — paid, as always, by the taxpayer.
Let’s be clear about what this is: it is not bad luck. It is not the fault of Chilean imports or Spanish competition, though you will hear that narrative endlessly repeated. It is the predictable outcome of years of mediocrity, complacency, and a staggering absence of business sense. When your product is average and your market is shrinking, the answer is not to wait for a bailout. It is to get better, or get out.
The tragedy is that quality is demonstrably possible. I know producers in this region who make exceptional wine — wines that deserve their reputation and command it. They are not crying into their harvests. They are turning customers away because they cannot meet demand. The waiting lists are real. The passion is evident. And the contrast with their neighbours is devastating.
So what separates them? Not the soil — it is the same. Not the climate. It is skill, rigour, investment in knowledge, and the willingness to treat winemaking as a serious craft and a serious business rather than a birthright.
Instead, many in the sector have coasted on appellations, on subsidies, and on a romanticised image of the vigneron assuming that the bottle sells itself because it carries a regional label. It does not. It never did, and in 2026, it certainly does not.
As a taxpayer funding yet another round of structural aid, I am entitled to ask: what exactly are we paying for? If the wine isn’t good enough to sell, perhaps the problem is the wine. And perhaps the time for politely pretending otherwise has passed.
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