Midnight zapping

🇬🇧

Joe Cocker and other accidental adventures

🎸There’s something about French TV after 11:45 p.m. that feels like rummaging through a dusty attic — you never know if you’ll find a priceless antique or a moth-eaten hat. My late-night zapping ritual often delivers little gems, and last night, ARTE — that gloriously intellectual Franco-German cultural channel — pulled a good one out of the box: a musical deep-dive into Joe Cocker.

🎸Now, I thought I knew Joe. Gravelly voice, Woodstock 1969, a few iconic covers, that unforgettable “With a Little Help from My Friends” moment. But apparently, my Joe Cocker knowledge was about as complete as a wine bottle after a family lunch in Provence.

🎸The songs came flooding back — each one a little time machine. They even played a clip from Woodstock, and there was Joe, windmilling his arms like a man trying to dry invisible laundry. But the real punch came when I remembered the night I saw him live, by accident, in Hannover.

🎸Picture this: I’m driving home from work, minding my own business, when I notice crowds gathering by the Maschsee lake. Lights, music gear, people with that “something’s about to happen” look. I park, wander over, grab a beer — and suddenly I’m front row for Joe Cocker on a floating stage. It was all free, part of the Expo 2000 celebrations. No ticket, no plan, just me, beer in hand, watching a legend perform on the water. Life at its most gloriously unarranged.

🎸Of course, Joe’s music also carries me back to certain… more youthful adventures. One in particular involved a scooter ride from Paris to Sens — 100 kilometres in the name of romance. The girl’s father was, inconveniently, the local Gendarmerie commander. The evening ended in a nightclub, our “song” blasting, and… well, let’s just say there was some unorthodox entering and exiting of premises. The details remain classified for national security reasons.

🎸The trouble with programs like this is that they leave me with that bittersweet cocktail of nostalgia and blues. A reminder of moments that will never come back, but that I wouldn’t trade for anything.

🎸Still, I’ll keep tuning in to ARTE at midnight. You never know — next time it might be Janis Joplin, The Doors, or someone I didn’t even know I knew.

And maybe, just maybe, it’ll stir up another memory I’d forgotten I still owned.



Zapping de minuit

Joe Cocker et autres aventures imprévues

🎸Il y a quelque chose dans la télé française après 23 h 45 qui ressemble à fouiller dans un vieux grenier : parfois on tombe sur un bijou, parfois sur un chapeau miteux. Mon rituel nocturne de zapette m’offre souvent des petites pépites, et hier soir, jackpot : ARTE – ce merveilleux canal culturel franco-allemand – proposait un reportage musical sur Joe Cocker.

🎸Joe Cocker, je croyais connaître. La voix rauque, Woodstock 1969, quelques reprises mythiques, ce « With a Little Help from My Friends » qui donne envie d’ouvrir une bière même à 9 h du matin. Mais visiblement, ma culture cockerienne était aussi complète qu’une bouteille de rosé après un déjeuner de famille à Marseille.

🎸Les chansons s’enchaînaient, chacune comme une machine à remonter le temps. Woodstock défilait à l’écran, Joe moulinait des bras comme s’il essayait d’essorer un drap invisible. Et là, un souvenir m’a sauté au visage : le soir où je l’ai vu en concert… par pur hasard, à Hanovre.

🎸Scène : je rentre du boulot en voiture, tranquillou, quand je vois du monde attroupé au bord du Maschsee. Des lumières, du matos, et cette ambiance « un truc va se passer ». Je me gare, j’approche, je prends une bière… et paf ! Me voilà, premier rang, pour Joe Cocker sur une scène flottante. Gratuit. Cadeau de l’Expo 2000. Zéro planification, 100 % bonheur.

🎸Forcément, Joe m’emmène aussi vers des souvenirs plus… disons… romantiques. Une virée en scooter de Paris à Sens, cent bornes pour rejoindre une fille rencontrée quelques semaines plus tôt. Détail croustillant : son père était le commandant de la gendarmerie locale. La soirée s’est terminée en boîte de nuit, notre « chanson » dans les enceintes… et, disons-le pudiquement, quelques manœuvres d’entrée et de sortie qui n’étaient pas tout à fait réglementaires. Les détails sont classés « secret-défense ».

🎸Le problème avec ce genre d’émission, c’est qu’on ressort avec ce petit blues sucré-salé : heureux de se souvenir, un peu triste que ce soit déjà loin.

🎸Mais bon, je continuerai à zapper à minuit sur ARTE. Qui sait ? La prochaine fois, ce sera peut-être Janis Joplin, The Doors… ou quelqu’un que je ne savais même pas que je connaissais.

Et, avec un peu de chance, un autre souvenir viendra frapper à la porte.

Link back to my master Blog and main menu J2

Posted in Music & Nostalgia, Nostalgia | Tagged , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment

La Sauvageraie

🇫🇷

Avec l’accent Parisien

Mon palace sous les toits

Ah mon pote… pas une seule photo de ma piaule d’ado. Rien. Que dalle. Juste des souvenirs qui s’effilochent dans ma caboche comme un vieux pull. Pourtant, j’te jure, c’était quelque chose. La baraque s’appelait La Sauvageraie — rien qu’le nom, t’as déjà l’impression qu’y va se passer des trucs pas clairs. Quatre étages : un pour faire style on est bien élevés, un pour pioncer, un pour bouffer, et un pour faire toutes les conneries possibles.

Tout en bas, au niveau du jardin, c’était NOTRE fierté : le bar-discothèque que mes vieux avaient bricolé pour moi et mes deux frangins. Leur idée ? Mieux vaut qu’les mômes se foutent la tête à l’envers ici, sous notre pif, plutôt que dans des bouges où on sait pas c’qu’ils fabriquent. Et bah crois-moi, on l’a bien rentabilisé, le bouzin. Soirées à gogo, musique à réveiller les morts, l’alcool “en modération” (tu parles !), des slows hésitants, et les fameux premiers bécots qui t’foutent les papillons dans le bide.

À côté, t’avais la cuisine… mon gars, on pouvait y garer une 4L. Et dessous, la cave, coupée en trois pièces cheloues, dont au moins une aurait pu planquer un macchabée tranquille.

Un étage plus haut, t’arrivais dans la partie sérieuse : grande entrée, salle de piano (huit ans à martyriser Chopin, et toujours pas foutu d’jouer à un dîner sans me planter), salon, bureau du daron, p’tit salon avec télé et — devine — un deuxième bar, et la salle à manger où fallait se tenir droit comme un piquet. On restait pas trop traîner là, sauf si on nous sonnait.

Encore au-dessus, l’étage des chambres. Cinq chambres, deux salles de bain. J’étais bien planqué dans la mienne jusqu’au jour où la daronne m’a sorti le coup du siècle : “Monte voir, j’ai un truc pour toi.” Et là, BAM ! Un grenier tout refait à neuf, rien que pour bibi. Pourquoi moi et pas les frangins ? Mystère de la vie.

C’était le paradis : grand lit, bureau en bois avec un tiroir secret (parfait pour mes magouilles), et sous le toit, mon coin cosy : matelas avec couverture en fausse fourrure, chaîne hi-fi, collection de vinyles qui poussait comme des champignons — Pink Floyd, Creedence Clearwater Revival, tout le gratin du rock. Un pouf énorme, un casque avec un fil assez long pour se faire un nœud autour du cou, et des étagères bourrées de bouquins.

Et là… le chef-d’œuvre : un téléphone américain, chiné chez un broc, branché sur la ligne de la maison par mes soins. Ça marchait nickel. À l’époque, avoir ton propre bigo dans ta piaule, c’était la grande classe.

Quand ça bougeait pas en bas, c’était l’attic party : musique, discussions à la con, et les pipes de tabac danois qu’on trouvait terriblement chic. Les week-ends, c’était open bar : les vieux à la cambrousse, nous, peinards jusqu’au dimanche soir.

Et puis… y’avait (P🚶🏻‍♀️). Ah… (P🚶🏻‍♀️). Son rire, mon gars… ça pouvait m’faire oublier comment je m’appelais. Elle laissait un parfum dans la chambre, un mélange d’interdit et de douceur. Ces moments-là, j’les garde bien planqués dans ma mémoire, comme dans le tiroir secret du bureau.

La nuit, allongé sur le matelas, dans le noir complet, juste les petites loupiotes de la chaîne hi-fi, j’me laissais embarquer par Floyd ou Fogerty. Entre rêve et mélancolie, le monde s’arrêtait là-haut.

Aujourd’hui, j’essaie parfois de refaire le coup : casque sur les oreilles, musique à fond, lumière éteinte… Ça marche presque. Mais sans le grenier, sans les potes, et surtout… sans (P.🚶🏻‍♀️)… c’est plus tout à fait pareil.


🇬🇧

La Sauvageraie

My palace beneath the roof

I have not a single photograph of my teenage bedroom. Not one. Just fading memories unraveling in my mind like an old, worn sweater. And yet, I swear it was something special. The house was called La Sauvageraie — a name that already hinted at adventures and trouble. Four floors in all: one to keep up appearances, one to sleep, one to eat, and one for all the mischief you could possibly imagine.

At the very bottom, level with the garden, lay our pride and joy: the bar-cum-discotheque my parents had built for me and my two brothers. Their philosophy was simple: better that the kids drink and dance under our roof than vanish into some questionable dive. And we certainly put it to good use. Endless parties, music loud enough to rattle the windows, alcohol “in moderation” (as if!), hesitant slow dances, and those glorious first kisses that filled your stomach with butterflies.

Beside it was a kitchen vast enough to park a small car. Below, the cellar — divided into three curious rooms, at least one of which could easily have concealed a body without raising suspicion.

One floor up was the “serious” part of the house: a grand entrance hall, a piano room (eight years of my life spent torturing Chopin, and still unable to play through a dinner party without stumbling), a formal living room, my father’s study, a smaller lounge with a television and — naturally — a second bar, plus the dining room, where posture was as important as conversation. We didn’t linger there unless we were summoned.

Above that came the bedroom floor: five bedrooms, two bathrooms. I was perfectly content in mine until the day my mother delivered her coup de théâtre: “Come upstairs, I have something to show you.” And there it was — a newly renovated attic, mine alone. Why me and not my brothers? Life keeps some secrets.

It was paradise. A large bed, a sturdy wooden desk with a secret drawer (ideal for my harmless conspiracies), and beneath the sloping beams, my private sanctuary: a mattress with a faux-fur throw, a hi-fi system, and a vinyl collection multiplying like mushrooms — Pink Floyd, Creedence Clearwater Revival, the whole pantheon of rock. A massive beanbag, headphones with a cord long enough to get tangled in, and shelves groaning under the weight of books.

And then the masterpiece: an American telephone I’d found in a flea market, wired into the house line by my own hand. It worked flawlessly. At the time, having your own phone in your room was the height of sophistication.

When the house was quiet below, the attic came alive: music, rambling conversations, and the Danish tobacco pipes we fancied terribly chic. Weekends were the best — parents away in the countryside, the place entirely ours until Sunday night.

And then… there was (P.🚶🏻‍♀️). Ah, (P.🚶🏻‍♀️). Her laugh could make me forget my own name. She’d leave a fragrance in the room — a heady blend of sweetness and forbidden promise. I keep those moments carefully locked away in my mind, like treasures hidden in the desk’s secret drawer.

At night, I would lie on the mattress in complete darkness, the tiny lights of the hi-fi glowing faintly, and let myself drift with Floyd or Fogerty. Between dream and melancholy, the world stopped spinning, right there beneath the roof.

These days, I sometimes try to recreate it: headphones on, music loud, lights off. It almost works. But without the attic, without the friends, and especially… without (P.🚶🏻‍♀️) … it will never be quite the same.

Link back to my master Blog and main menu J2

Posted in Nostalgia, Personal Stories, Relationships | Tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment

Le Prado

🇫🇷

🌎 Oh fan , le monde est petit !

J’vous l’ai déjà dit, le Prado à Marseille, c’est un peu comme la bouillabaisse : ça revient toujours dans ma vie, même quand j’crois y avoir échappé. Ma grand-mère habitait rue Fontgate, pas loin du tout, et presque tous les soirs, on finissait au parc Borély, côté gauche du Prado en descendant vers la mer.

Mais ce que j’vous ai pas raconté, c’est qu’en face, y’avait — et y’a toujours — un grand immeuble qu’on appelait Saint-David (ou quelque chose comme ça) à cause de la statue du même nom au bout de l’avenue. Et là-dedans… oh peuchère… y’avait une pharmacie, moderne pour l’époque, qui appartenait à un de mes innombrables cousins marseillais. Un cousin germain une fois retiré, comme disent les spécialistes de l’arbre généalogique. Famille Sangiuolo — oui, j’ai déjà parlé de mon côté corse, non ?

Bref, on y passait souvent dire bonjour, et j’crois bien que mes parents en profitaient pour organiser le prochain festin familial, parce qu’à Marseille, la pharmacie, c’est aussi un peu l’agence de planification des repas du dimanche.

🌎 Premier retour au Prado : l’amour (des autres) et le pastis

Avec les années, j’avais un peu oublié le Prado. Faut dire que depuis notre déménagement près de Paris, à La Celle-Saint-Cloud, c’était plus pratique d’aller à Versailles qu’à Borély. Mais dans les années 70, j’me suis retrouvé à faire du stop dans le sud avec mon pote G. On avait décidé de voir du pays : Nice, Toulon, Marseille…

Marseille, c’était surtout pour G., qui voulait rendre visite à une certaine Ève — et là je vous vois venir : oui, elle était charmante, oui, elle avait l’accent qui chante, et oui, elle habitait… dans le même immeuble du Prado que celui de ma jeunesse ! Oh fan, le monde est vraiment petit. On y est restés deux jours. J’ai pas beaucoup de souvenirs précis, mais j’soupçonne fortement le pastis d’avoir effacé quelques détails.

🌎 Deuxième retour : à 6 000 kilomètres de la Canebière

Quelques années plus tard, j’suis étudiant à Villanova University, près de Philadelphie, entre 1973 et 1975. J’ai plein d’amis étrangers, et parmi eux, un Argentin d’origine hongroise (inutile pour l’histoire, mais ça pose le décor). Il roulait dans une Pontiac GTO — un monstre. J’la lui empruntais souvent, parce qu’un étudiant français en muscle car, ça en jette.

Un soir, on va à la grande soirée internationale de la ville. Y’avait du monde de partout, musique, danse, et surtout… boissons gratuites. En bons jeunes motivés, on se met en chasse. Et là, je la vois : la plus jolie fille de la soirée. Française, en plus ! Coup de bol ? Oui… sauf qu’elle était mariée (mais le mari était à un congrès médical, ça, c’est Marseille, on en profite pour papoter).

On parle, on rigole… et elle me sort qu’elle habite… à Marseille. Je vous le donne en mille : elle bosse à la pharmacie Sangiuolo du Prado. À Philadelphie, à 6 000 bornes de la Canebière, j’trouve quelqu’un qui connaît et bosse pour mon cousin. C’est pas du destin, ça ? On s’est écrit quelques mois, puis on a perdu le fil. Pas d’email à l’époque, et les lettres… oh, ça prend du temps.

🌎 Moralité

Hier, en écrivant sur Marseille, tout ça m’est revenu. Et je me dis que le Prado, c’est comme le pastis : même si tu t’en éloignes, il revient toujours dans ta vie… avec un p’tit goût de soleil et de nostalgie.


Link back to my master Blog and main menu J2

Posted in Uncategorized | 2 Comments

The week that was – 32/2025

🇬🇧

Quiet… Too quiet?

As planned, it was a quiet week. Some say too quiet. Those people are probably adrenaline junkies who can’t survive without bungee jumping before breakfast. Personally, I found it exactly what the doctor ordered—if the doctor were a fan of long lunches and minimal movement.

The week began with a delightful lunch at Laura & Charlie’s. The food? Excellent. The company? Even better. The Bourbon? Oh, the Bourbon. I gazed at Charlie’s fine bottles with the longing eyes of a cat staring through a fishmonger’s window. But I’m still on the wagon—seven weeks now, not a drop—and to my surprise, it feels entirely normal. (Someone please reassure me this isn’t permanent.)

Meanwhile, in the Sky…

The tranquility was occasionally interrupted by the largest forest fire in France in 70 years—just a few kilometres away. Not exactly the kind of excitement you hope for, but if you’re a fan of aerial displays, the firefighting planes put on quite the show. Catalinas, Dash 800s, and other sky heroes swooped in, using our local airport (CCF) as their pit stop. I tracked them obsessively on FlightRadar, which is as close as I’ll ever get to being an air traffic controller. Hats off to the pilots and ground crews—real-life Top Gun stuff, minus the soundtrack.

Thankfully, the fire is now under control, the air no longer smells of a giant campfire, and the Tramontane wind has gone back to its usual business: blowing southeast and rearranging hairdos across the region.

Heat, Pool, and… Digital Disaster

“La canicule” (heatwave) arrived right on schedule. I took refuge in the pool a couple of times, then retreated indoors where the air conditioning worked harder than a politician before an election.

This naturally led to more computer time, which led to… let’s call it a digital misadventure. I proudly acquired a new domain—**www.sauvageraie.com**—named after my childhood home near Paris. My grand vision: create a page that might one day generate income (details: TBD).

The bad news? In the process, I managed to delete my entire main blog at www.sauvaget.de. Yes, the whole thing. It was like accidentally throwing your entire house into a shredder while dusting the shelves. I’m now rebuilding it from scratch, which is time-consuming but not impossible, thanks to backups of other blogposts. Still… I am mildly annoyed with myself. And by “mildly” I mean extremely.

Mountains, Lakes, and Wrong Beaches

Today, we escaped to the Pyrenees for a little tour. Destination: Lac de Montbel. Lunch was pleasant, but the post-lunch beach plan didn’t quite happen—we either missed the right spot entirely or decided the heat would cook us alive. Instead, we meandered along gorgeous mountain roads through Camon (officially one of the “Best Villages in France”) and medieval Montolieu, before winding home via charming back roads.

Verdict: Not a bad week at all. Quiet, yes. But if life were always this quiet, I could get used to it—just as long as I stop accidentally deleting entire websites.



🇫🇷

La semaine qui fut – 32/2025

Oh fan de chichourle, quel calme!

Oh peuchère, comme prévu, semaine tranquille… mais alors tranquille de chez tranquille. Y’en a qui disent : « Oh fan, mais on s’ennuie ! » Eh ben moi non, j’me suis régalé. Des fois, faut savoir lever le pied, sinon tu finis plus vite cramé qu’un poisson oublié au barbecue.

Lundi, on s’est fait un resto chez Laura & Charlie. Oh là là, le repas… un régal digne d’un dimanche à la Bonne Mère. Charlie, il avait sorti ses Bourbons de compétition, mais moi, j’suis toujours à l’eau plate, sept semaines que je touche plus une goutte. Même que ça devient normal… c’est ça qui m’inquiète !

Pendant ce temps-là, le ciel jouait les pompiers

Et là, le gros show : le plus grand incendie depuis 70 ans en France, à deux pas de chez nous. Pas bon pour la sieste, mais alors pour les yeux, oh fan, c’était quelque chose !

Les Canadair, les Dash 800, et toute la bande faisaient des allers-retours comme des mouettes quand elles voient un banc de sardines. Ils venaient se ravitailler à notre aéroport CCF. Moi, sur FlightRadar, je suivais ça comme un derby OM–PSG. Les pilotes, les gars au sol… des héros, je vous le dis.

Et là, bonne nouvelle : le feu est maîtrisé, on sent plus la fumée, et le Tramontane a repris son service habituel — décoiffer tout le quartier sud-est.

La canicule, la piscine… et le drame du fada

La canicule a débarqué comme prévu. Deux plongeons dans la piscine, puis hop, je me planque dans la maison, clim à fond, histoire de pas finir à point comme une daube.

Et là, j’me dis : « Allez, un peu d’ordi, ça va m’occuper. » J’achète fièrement un nouveau domaine — www.sauvageraie.com — en hommage à la maison de mon enfance. J’me voyais déjà millionnaire, peuchère !

Sauf que… oh misère… dans la foulée, j’efface tout le contenu de mon blog principal www.sauvaget.de. Plus rien, nada, le désert ! Comme si j’avais balancé ma bibliothèque dans le Vieux Port. Résultat : je recommence tout à zéro. Oh, je m’en veux… mais alors je m’en veux !

Virée dans les montagnes

Aujourd’hui, direction les Pyrénées. Objectif : Lac de Montbel. On mange, on cherche la plage… et on trouve rien. Ou alors on l’a trouvée, mais vu la chaleur, on aurait fini plus grillés qu’un poulpe à la plancha.

Alors, on a roulé dans l’Ariège, traversé Camon (un des plus beaux villages de France), puis Montolieu, la médiévale. Retour par les petites routes, avec la clim de la voiture qui bosse plus que moi toute la semaine.

Bilan : semaine peinarde, mais pas triste. Et si je pouvais arrêter de jouer les fada avec mes sites web, ce serait parfait.


Link back to my master Blog and main menu J2

Posted in life in France, Personal projects, Weekly recap | Tagged , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment

Μασσαλία / Massalia

🇫🇷

Tous les chemins mènent à Marseille, oh fan de chichourle ! Bon, c’est vrai, je suis né à Paris, dans un quartier bien propret du 8ᵉ… mais ça, mon ami, c’est juste pour la carte d’identité. En vrai, j’ai toujours eu Marseille dans le sang ! Mes parents habitaient à Montmartre, en face de la vigne, mais la moitié de l’année, on la passait dans le Midi. Et pourquoi ? Parce que du côté de ma mère, peuchère, y a de l’accent qui coule dans mes veines !

J’étais qu’un pitchoun, trop petit pour tout me rappeler, mais j’ai des images qui me reviennent, claires comme l’eau de la Calanque. En général, maman, mes frères et moi, on prenait le train à la gare de Lyon, direction Marseille. Pas n’importe lequel, attention : le Mistral ! Première classe, s’il vous plaît ! Ah… ce train-là, c’était le rêve : fauteuils moelleux, wagons-lits… Le voyage de nuit, c’était magique. Même aujourd’hui, quand je trouve pas le sommeil, je ferme les yeux et je me revois dedans, tranquille, en route vers le soleil.

Et quand on arrivait… ah ! Marseille ! On descendait au grand hôtel de Noailles, pas loin du Vieux-Port. Et surtout, à deux pas de la rue Fongate, là où ma grand-mère Alphonsine tenait la baraque. Alphonsine… rien que le nom, j’entends sa voix : “Allez, mon petit, viens donc goûter !” et je sens l’odeur du café qui embaume toute la cuisine.

Chez Alphonsine, c’était tout un monde. La porte était toujours ouverte — “On sait jamais, des fois qu’un voisin passe dire bonjour !” — et dans l’entrée, y avait cette odeur mêlée de lavande et de gratin qui sort du four. Le matin, elle me réveillait pas avec un “Debout !” sec comme à Paris, non… elle venait doucement, posait la main sur mon épaule et me chuchotait :
— Allez pitchoun, le soleil t’attend, et j’ai fait chauffer le lait.

Après le petit-déj, on descendait souvent au marché du Cours Julien. Là, c’était le carnaval tous les jours : des tomates rouges comme des coquelicots, des melons qui embaumaient à dix mètres, et les marchands qui s’engueulaient pour rigoler. J’adorais ça. Et puis, y avait toujours quelqu’un pour me filer un morceau de fougasse en douce.

L’après-midi, si on n’allait pas voir la mer, on traînait du côté du Vieux-Port. Mon grand jeu, c’était de compter les bateaux, mais je perdais vite le fil parce qu’il y avait toujours un marin pour m’embarquer dans une histoire de pêche miraculeuse ou de tempête qui avait failli les envoyer “tout droit chez les poissons”.

Et puis, le soir, retour chez Alphonsine. Là, le pastis pour les grands, le sirop ou l’Antésite Réglisse Anis pour moi, et les discussions qui partaient dans tous les sens. “Tu te rappelles, la cousine de la tante du frère de…”, et tout le monde riait, même si personne savait vraiment de qui on parlait.

Les journées, peuchère, c’était un vrai marathon familial ! On passait voir une ribambelle d’oncles, de tantes, de cousins, de cousines… J’connaissais les rues comme ma poche : le Prado, bien sûr, et la route le long de la mer jusqu’à la Pointe Rouge. C’est là qu’on allait chez tonton Maurice et tatie Mimi, avec leur fils Guy, qui en plus était mon parrain.

La maison de tonton ? À deux pas de la mer, mon ami. Une route à traverser et hop, les pieds dans le sable. Alors forcément, on en profitait pour passer des après-midi entiers à la plage, sous le soleil qui tape et les cigales qui crient.

Mais parlons un peu de tonton Maurice… Ah, tonton Maurice ! Un vrai de vrai Marseillais, avec l’accent qui roule et les phrases où tu comprends la moitié — et encore, quand il parlait pas trop vite. Un caractère bien trempé, mais le cœur gros comme ça. Faut dire qu’il était commissaire de police à Marseille. Du coup, il connaissait tout le monde.

Et puis, c’était un bricoleur de première catégorie. Le pastis ? Il le faisait lui-même. Le vinaigre ? Pareil. Et la mécanique… alors là, laisse tomber ! Un jour, je l’ai vu démonter une Dauphine Gordini, pièce par pièce, jusqu’au dernier boulon, et la remonter nickel, mieux que sortie d’usine. C’était pour mon cousin Guy, d’ailleurs. Plus tard, on a fait ensemble le voyage de Paris à Marseille dans cette voiture-là, et je peux te dire qu’elle filait droit !

Et ce n’était pas la seule qu’il bichonnait. Sa voiture à lui, c’était une DS Citroën noire, avec des bandes blanches sur les bas-côtés et sur le toit. Je suppose qu’il s’était inspiré des voitures de police… ou alors, juste pour le style, va savoir.

À la Pointe Rouge, ça commençait toujours pareil : tonton Maurice lançait, en claquant la portière de la DS :
— Allez, les pitchouns, dépêchez-vous, le soleil, lui, il nous attend pas !

On traversait la route en vitesse, serviettes sous le bras, et déjà l’odeur du sel et de la crème solaire venait nous chatouiller le nez. Le sable nous brûlait les pieds, mais on s’en fichait : deux pas de plus et c’était l’eau fraîche qui nous accueillait.

— Oh fan de chichourle, elle est bonne aujourd’hui ! lançait tatie Mimi, déjà jusqu’aux genoux.

Nous, les gosses, on passait des heures à plonger, à nager jusqu’aux bouées, à faire des concours pour savoir qui ramènerait le plus beau coquillage. Pendant ce temps, tonton Maurice, lui, restait sous son parasol à jouer les surveillants de plage avec son chapeau de paille et ses lunettes noires. De temps en temps, il levait la voix :
— Oh, pas trop loin ! Et fais gaffe aux vagues, elles rigolent pas, elles !

Vers midi, l’odeur des pan bagnats sortis de la glacière commençait à attirer tout le monde. On s’asseyait en cercle sur nos serviettes, le jus des tomates coulait sur nos doigts, et le pain, trempé d’huile d’olive, craquait sous la dent. Tatie Mimi sortait aussi des abricots bien mûrs et des figues cueillies le matin même.

Après le repas, certains faisaient la sieste, bercés par le bruit des vagues et des cigales. Moi, j’aimais rester assis à côté de tonton, à écouter ses histoires de commissaire : des enquêtes rocambolesques, des arrestations à la Pagnol, et toujours cette façon de raconter où tu savais pas s’il exagérait… ou si tout était vrai.

Au bout du Prado, juste avant de sentir l’odeur de la mer, sur la gauche, y avait le parc Borély. On s’y arrêtait souvent… pour être franc, presque tous les jours. Le but ? Faire quelques tours de sulky à pédales. Ah, les sulkys… c’était toute une aventure !

Je me rappelle encore du monsieur qui les louait. Il avait une jambe de bois, toute lisse, comme un manche à balai géant, avec un embout en caoutchouc. Rien que de la voir, ça me donnait des frissons… J’en ai même fait des cauchemars. Pendant qu’on pédalait comme des fous, en essayant d’éviter les passants mais surtout les joueurs de pétanque — qui nous regardaient d’un sale œil, peuchère, comme si on allait leur écraser le cochonnet — je gardais toujours un œil sur maman.

Elle, elle discutait tranquillement avec le monsieur à la jambe de bois. J’étais persuadé qu’ils se connaissaient depuis longtemps. Et j’avais raison… mais je ne l’ai appris que des années plus tard. Maman m’a raconté qu’ils s’étaient rencontrés à l’hôpital, à l’époque où tous les deux souffraient de la polio. Pas facile d’en parler… Elle a même passé pas mal de temps dans un poumon d’acier. Heureusement, tout s’est bien terminé.

Et puis, il faut dire qu’à Marseille, maman était chez elle. Ça se voyait dans son sourire, dans sa façon de parler aux gens, et dans l’accent qui revenait tout seul, comme une vieille chanson qu’on n’oublie jamais.

En fin d’après-midi, quand le soleil commençait à descendre derrière Notre-Dame de la Garde et que la chaleur se faisait moins lourde, on rentrait doucement vers le centre. Parfois, on faisait un détour par le Vieux-Port. Ah… le Vieux-Port le soir, c’était un autre monde.

Les pêcheurs revenaient avec leurs bateaux, les filets encore pleins d’odeurs de mer et de poisson frais. Sur les quais, on entendait les mouettes se chamailler pour quelques restes, pendant que les enfants couraient partout. L’air était rempli de bruits : les cordages qui grinçaient, les voix qui se lançaient des “Oh, tu viens boire un canon ou quoi ?”, et au loin, l’accordéon d’un musicien ambulant.

Les terrasses commençaient à se remplir. Les verres de pastis brillaient sous la lumière orangée, et l’odeur des grillades — sardines, merguez, un peu de tout — se mélangeait à celle de l’iode. On s’asseyait souvent à une petite table, juste pour regarder passer le monde. Maman saluait toujours quelqu’un, un ancien voisin, un copain d’école ou un cousin oublié. Marseille, c’est comme ça : tout le monde connaît tout le monde… ou connaît quelqu’un qui te connaît.

Quand la nuit tombait, le port s’illuminait et l’eau se couvrait de reflets dorés. On rentrait à pied, en longeant les rues encore animées. Moi, j’avais la tête pleine d’images, l’odeur de la mer dans les narines, et la sensation d’être à ma place.

Au bout de quelques semaines, papa nous rejoignait de Paris avec sa voiture. Bourguignon d’origine, il avait pourtant passé sa jeunesse à Marseille et même fait ses études jusqu’à HEC au lycée Saint-Charles. Lui aussi, peuchère, connaissait un monde fou. Alors, en famille, on passait d’un restaurant à l’autre : aux Goudes, à la Madrague, à l’Escalette… Chaque sortie était un festin, avec la mer en toile de fond et le bruit des vagues qui venait se mêler aux discussions.

Le week-end, avec la voiture, on s’échappait souvent vers Cuges-les-Pins. Là-bas, tonton Maurice avait une vigne qui demandait pas mal d’attention, mais surtout… des pêchers. Et devine à qui revenait l’honneur de les cueillir ? À nous, les enfants, bien sûr ! On en mangeait tellement que, forcément, ça finissait par nous tordre un peu l’estomac. Mais sur le moment, on s’en fichait bien : les fruits étaient sucrés, juteux, et goûtaient le soleil.

Le soir, si on ne rentrait pas à Marseille, on allait à Cassis chez l’oncle Fernand. Ce dont je me souviens le plus, ce sont les bouteilles de vin que tonton Maurice apportait : sans étiquette, d’un rouge si foncé qu’on aurait dit de l’encre. On avait le droit d’y goûter… avec beaucoup d’eau, évidemment.

Ces soirées-là étaient fantastiques : les adultes riaient, discutaient fort, et nous, on écoutait en cachette leurs histoires, bercés par le parfum de la vigne et de la mer. Puis, sur le chemin du retour, on s’endormait sur la banquette arrière de la DS, bercés par le ronron du moteur et les virages de la route qui descendait vers Marseille.

Voilà comment commençaient nos étés. Après quelques semaines passées à Marseille, on prenait la route vers Juan-les-Pins, où notre maison de vacances nous attendait. Et là, c’était la fête quand tonton Maurice débarquait pour le week-end, souvent accompagné de tonton Fernand, de tonton André et de quelques autres joyeux lurons.

On passait des journées entières à se balader dans les collines. Tonton Maurice nous racontait ses histoires de chasse, et même comment attraper des oiseaux à la glu — une pratique cruelle, mais qui existe toujours. Moi, j’apprenais plein de choses en marchant avec eux dans les bois : reconnaître les traces d’animaux, savoir où trouver de l’eau, et surtout garder les yeux ouverts.

Quand venait la saison des champignons, il fallait se lever à l’aube, partir avant que le soleil chauffe, et marcher des heures. Plus tard dans ma vie, j’ai retrouvé ce plaisir à Manosque, chez mon cousin Gérard, le fils de tonton André. Il avait une superbe propriété, avec des champs de tomates qui sentaient l’été, et des bois à perte de vue. On partait chercher des champignons comme avant, et on se souvenait ensemble de Marseille, de Cuges, de Cassis, de Juan-les-Pins… de nos jeunes années.

Et puis… il y avait Jocelyne, sa femme. J’en étais un peu amoureux, je l’avoue. Aujourd’hui, Gérard n’est plus là, et Jocelyne vit au Brésil. Rien que d’écrire ces lignes, d’ailleurs, ça me ramène d’autres souvenirs… comme ma première fois sur l’île du Levant, et ma découverte d’un camp de naturistes. Mais ça… ah, ça, c’est une histoire pour un autre jour.

Marseille tu me manques


Link back to my master Blog J2

Posted in Uncategorized | Leave a comment

Pardi, qu’es aquò ?!

🇬🇧

This post is only available in French, because honestly, I don’t think it can be translated — it’s basically one big play on words with a baguette in hand.

🇫🇷

L’autre jour, voilà que notre chère amie anglaise Julia – une vraie lady, le chapeau plus grand que l’ombre qu’il fait, les lunettes de star et le sourire en coin – vient passer quelques jours chez nous, dans notre belle Occitanie.

Et v’là qu’un matin, entre deux tartines et un peu de confiture de figue, elle me lance :

« Do you know zis apéritif I discovered? It’s called Pardi! »

Là, je manque de m’étouffer avec mon café ! Un apéritif qui s’appelle Pardi ?

Mais enfin ! Moi qui croyais connaître tous les apéros du Midi, du pastis de l’oncle Fernand au rosé de la cousine Mireille… Celui-là, jamais entendu parler.

Mais d’un coup, ça m’a fait tilt dans la caboche ! Je me suis retrouvé projeté à Marseille, quand j’étais pitchoun. Le vieux quartier, les volets bleus, les boulistes qui râlent, et ce mot qui sortait à toutes les sauces :

– Tu viens manger ?

– Pardi !

– Il fait un cagnard aujourd’hui !

– Pardi !

– Tu veux un petit jaune ?

– Pardi, tu poses la question !

Ce même soir – et là, attention le coup du destin – je tombe à la télé sur La Gloire de mon Père. Le film, le vrai, avec des cigales dans le fond et des pantalons à bretelles. Et qu’est-ce que j’entends tout du long ? Des « Pardi » à la pelle ! On aurait dit que Pagnol m’avait entendu depuis là-haut, depuis son petit nuage avec vue sur les collines d’Aubagne.

Et c’est là que ça m’a frappé ! Tu te rappelles de la série Les Cinq Dernières Minutes ? À la fin, le flic il se tapait la tête comme s’il avait trouvé la recette du bonheur et il disait :

« Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr ! »

Eh bien, moi je te le dis : s’ils avaient tourné ça chez nous, à Marseille ou dans n’importe quel village entre le thym et les oliviers, il aurait dit :

« Bonne Mère ! Mais c’est… Pardi ! »

Avoue que ça sonne mieux. On l’imagine, le commissaire moustachu, en train de remonter ses bretelles, un verre de pastaga à la main :

« La vérité, elle était là depuis le début… Pardi ! »

Alors Julia, si tu me lis, sache que tu n’as pas découvert qu’un apéro. Non. Tu as réveillé tout un pan de mon enfance. Et ça, c’est pas rien.

Allez, à ta santé, et comme on dit chez nous : Merci… et Pardi !

Link back to my master Blog J2

Posted in Uncategorized | 2 Comments

De feu, d’avions et de plumes

🇫🇷

Aujourd’hui, c’est un drôle de jour. Pas un jour comme les autres. Un jour où le soleil tape comme s’il voulait tout cramer — et il faut croire qu’il a réussi : à quelques kilomètres d’ici, un feu gigantesque ravage les collines depuis hier.

Toute la journée, j’ai vu passer des avions de lutte contre l’incendie. Ils descendent du ciel comme de gros moustiques en colère, atterrissent à Carcassonne, notre petit aéroport de CCF, font le plein de carburant, remplissent leur ventre d’eau, et repartent aussitôt affronter le brasier. Je les ai suivis à la trace grâce à Flight Radar — c’est fascinant, presque chorégraphique, leur ballet entre ciel et terre.

On dit qu’une enquête a été ouverte. Peut-être qu’un jour, on saura d’où c’est parti, mais franchement… même si on apprend que c’est un mégot, un barbecue, ou une étincelle d’on-ne-sait-où, ça ne rendra pas les maisons, ni les souvenirs perdus, ni les arbres centenaires. Et ça ne soulagera pas ceux qui ont tout perdu.

On avait prévu une petite virée à la mer demain — un bain, un pastis et une assiette de tellines — mais vu l’état des routes, on a renoncé. Entre les fermetures, les bouchons et l’odeur de fumée, on a préféré rester à l’écart. On regarde vers le nord maintenant, peut-être du côté de la Montagne Noire, là où il fait un peu moins chaud et où les cigales ne sont pas encore syndiquées.

Pour m’occuper, j’ai mis à exécution un projet que je gardais pour l’hiver : transformer mon vieux iMac 27” en serveur. Il dormait sous les toits, dans mon antre : là où cohabitent ma chaîne hi-fi, mon immense télé, ma PlayStation, un simulateur de conduite, un bureau et un lit double pour les siestes stratégiques. Bref, mon petit paradis technologique.

Allumer la bête fut une épreuve digne de Fort Boyard : il a fallu retrouver le mot de passe (déjà), puis se rappeler que le clavier d’origine était en QWERTY — et non pas l’AZERTY bien de chez nous. Il m’a fallu un moment pour remettre tout ça en ordre, mais j’ai fini par triompher.

Cherchant un bout de papier pour noter deux ou trois idées lumineuses, je suis tombé sur un cahier flambant neuf… à petits carreaux Seyès ! Le choc ! Ce bon vieux quadrillage bleu que j’ai utilisé enfant, quand j’apprenais à faire des « b » fiers, des « y » qui descendent bien, et des « z » pas trop tordus. L’émotion m’a pris d’un coup. J’ai saisi un stylo plume de ma collection (j’ai oublié de dire que j’adore les stylos), et me suis mis à écrire quelques lignes, comme au bon vieux temps.

Franchement, à quoi bon taper ce texte au clavier ? Je devrais l’écrire à la main, à l’ancienne, et scanner le tout pour vous le montrer. Ça aurait plus de gueule, non ?

Mais j’entends déjà revenir les avions. Leur vrombissement est devenu la bande-son de cette journée. Je file voir les nouvelles… Pas sûr qu’elles soient bonnes.


🇬🇧

Of fires, flights and fountain pens

Today’s the kind of day that makes you feel like the world’s turned the thermostat up and lost the remote.

We’re baking under an apocalyptic sun here in Carcassonne, and just a few miles down the road, the heat has taken a terrifying turn. A massive fire has been raging since yesterday, and all day long, firefighting aircraft have been swooping into our local airport (CCF) like giant metallic pigeons—except much nobler and, thankfully, with fewer droppings.

I’ve been watching their every move via Flight Radar, like a digital plane-spotting geek with too much time on his hands and a deep appreciation for logistics. Their turnaround time is nothing short of miraculous—land, refill, refuel, and take off again in minutes, off to battle flames that seem to grow angrier by the hour.

Authorities have apparently opened an investigation into the fire’s cause. Will we ever know? Doubtful. And even if we do, it won’t undo the loss, damage, or heartbreak already inflicted. Sometimes knowing “why” doesn’t help; it just adds another page to the post-mortem file of tragedies we can’t fix.

We had planned a beach day tomorrow—sun, sea, and sand in the sandwiches—but with roads either closed or choked with the kind of traffic that makes you question your life choices, we’ve decided to cancel. No need to add our modest hatchback to the chaos. Instead, I’m scouting somewhere north—maybe the Montagne Noire—where the air might be cooler and the only smoke will come from someone overcooking their merguez.

In the meantime, I’ve taken refuge indoors and have finally tackled the project I had shelved for cooler months: converting my old 27” iMac into a home server. Why wait for frost when I can sweat and swear now?

This venerable iMac was stored in my upstairs lair—a cross between a teenage boy’s dream cave and a grown man’s mid-life tech sanctuary: stereo, giant TV, PlayStation, steering simulator, desk, and a double bed for emergency napping (also known as thinking horizontally).

Booting up the iMac was a mini-escape room puzzle in itself. First challenge: password. Second: remembering that it was set up on a QWERTY keyboard, and not the AZERTY one I now use. Much head-scratching ensued, but eventually, through sheer stubbornness and dumb luck, I cracked it.

Looking for a piece of paper to jot down server names or existential questions, I found a pristine notebook. To my surprise, it was Seyes ruled—that oh-so-French lined paper with its unique grid system, designed to tame the wildest of childhood penmanship. I hadn’t seen one in ages. Suddenly, I was transported back to primary school, trying to make my “b”s tall enough, my “y”s long enough, and my “z”s… well, vaguely recognisable.

Naturally, I did what any nostalgic adult with a mild fountain pen obsession would do: I grabbed a pen, sat down, and wrote out a few lines of cursive as if I were 8 again and Madame Lefebvre was judging me silently from across the classroom. It was oddly satisfying.

It’s actually quite absurd that I’m typing this out on a keyboard when a lovely Seyes page is staring at me like a neglected friend. I should be handwriting all this and scanning it in for that authentic “I’m quirky and analog” blog vibe.

But alas, the planes are back. I hear their engines approaching once more—a mechanical lullaby that reminds me the battle is far from over. Time to tune in to the news and hope for some good news for a change.

Back to my Main Blog – I do it my way

J2S

Posted in Uncategorized | 2 Comments

Confessions of a diet Mojito monk

🇬🇧

As I sit poolside this Monday morning under a sun that clearly thinks it’s auditioning for the role of “Giant Cosmic Hairdryer,” one thing is clear: I need a drink. Not that kind of drink — don’t panic, I’m still riding the wagon like a champion rodeo cowboy — but rather my latest invention: a refreshing pint glass of lime juice, mint, ice, and fizzy water. I call it the Diet Mojito.

Yes, folks, today marks Day 37 of my heroic, self-imposed alcohol hiatus. That’s over five weeks of pure, sober living. No wine, no beer, not even a wistful sniff of a cork. I haven’t touched a drop. I haven’t even licked the condensation off someone else’s glass.

But last night, while watching a movie, a rugged lead actor poured himself a generous whisky and slumped down into a leather armchair by a roaring fireplace. For a split second, I was there with him. The crackling logs. The amber glow. The oaky temptation swirling in the glass… and then reality slapped me with a hot gust of air from the AC and reminded me: whisky is not a summer drink. Especially not when your thighs are stuck to the sofa and your shirt is trying to fuse with your back. I settled for a glass of water and a handful of indignation.

Now, let’s talk about the real drama: The Scale Betrayal. After several days of saint-like discipline — no booze, strict diet, and a truly Olympic-level dedication to not moving much — the scales had the audacity to show no change. Not even a pity half-kilo. I suspect my body is sulking. It knows something is missing, and it’s hoarding every gram of pasta I ever ate in 2011.

To make matters more comically tragic, we have a lunch out today. Cutlery that isn’t mine. I’m already mentally preparing myself to say, “Just a salad, no dressing, and a side of restraint, please.”

I’ve lost 5 kilos since I started this regime, which is great. But I still want to drop another 4. Sadly, it seems you can’t just diet lying down — apparently, movement is required. So yes, I’m drafting an exercise plan. It’s called Operation: Move at Least a Bit. The goal? A daily walk. Long-ish. Ideally in the evening, once the sun has finished its attempt to roast me like a Provençal chicken.

So there you have it. Day 37. No booze. No weight loss this week. No signs of madness… yet. Just a man, his minty mocktail, and a dream of fitting back into those pre-pandemic trousers without requiring a shoehorn and a prayer.

Wishing everyone a brilliant start to the week. Stay cool. Stay hydrated. And if you’re drinking anything stronger than fizzy lime water, do it quietly — I’m still fragile.

JJ, Diet Mojito Warrior 🥒🍋

Posted in Uncategorized | 1 Comment

Mediterranean melodrama

🇬🇧

Or why TV weather reports are losing the plot

When I was a kid growing up in suburban western Paris, summer meant one thing: escape. And escape we did—to the south of France, like clockwork. First, of course, came the compulsory pit stop in Marseille to pay homage to my formidable grandmother and her battalion of siblings, cousins, and culinary commandments. Only then could we migrate eastward to the real prize: the sun-soaked beaches of Juan-les-Pins, and later, the breezy bliss of Cavalaire.

Back then, life was uncomplicated and deliciously hot. In my child’s mind, it was always hotter than today—despite what the climate change prophets are now shouting from every news segment. One didn’t need charts or panic-inducing graphics. You knew it was summer because the asphalt stuck to your flip-flops, and your ice cream had a half-life of twelve seconds.

There were certainties you could bank on.

• August 15th? Weather flip. Without fail.

• The Mistral? Oh, she came waltzing in at least twice a summer, tossing plastic chairs down the promenade like they were featherweights. Three days of gale-force gusts, sometimes longer, turning the calm blue sea into a frothing beast—and most notably, transforming your balmy 25°C swim into a bracing 17°C polar plunge.

We knew this. We expected this. No drama. No hysterics.

Fast forward to now. Apparently, the Mediterranean has turned “cold,” and the media has lost its collective mind. TV presenters breathlessly report on sea temperatures dropping like it’s a prequel to the apocalypse. “Holidaymakers in shock!” scream the headlines. “Tourism in jeopardy!” Cue dramatic music and cut to sunburned tourists wrapped in towels like survivors of a shipwreck.

I mean, really?

This isn’t news. This is summer in the south. It has always been this way. It’s not “a rare phenomenon” or “unexpected meteorological chaos”—it’s called the Mistral, folks. And it’s been doing its thing long before influencers with waterproof phones came to whinge about it.

Maybe we need a little less drama in the newsrooms and a little more perspective. There are actually important things going on in the world, and no, your slightly chilly dip doesn’t make the cut.

So here’s a thought: instead of manufacturing beachside catastrophes, how about we embrace the quirks of the season like we used to? Pack a light sweater, brace for the breeze, and remember—there’s always pastis.

🇫🇷

Mistral gagnant

ou le grand cirque médiatique de l’été

Quand j’étais gamin dans la banlieue ouest de Paris, l’été signifiait une seule chose : la grande transhumance vers le sud. Et pas question d’y couper !

D’abord, escale obligatoire à Marseille pour saluer ma grand-mère – matriarche en chef – et toute une ribambelle de tantes, oncles, cousins, cousines, et anecdotes familiales servies bien chaudes. Ensuite, direction la mer : Juan-les-Pins au début, puis Cavalaire dans les années suivantes.

C’était simple, c’était beau, c’était bougrement chaud. À mes yeux d’enfant, il faisait bien plus chaud qu’aujourd’hui, malgré ce qu’on nous répète à longueur de bulletins météo sur le dérèglement climatique.

Et puis, il y avait ces petites constantes de l’été méridional, immuables comme les cigales à l’heure de la sieste :

• À partir du 15 août ? Bascule météo garantie. Comme par magie.

• Le Mistral ? Fidèle au poste. Il débarquait deux fois pendant les vacances, soufflait trois jours, parfois plus, retournait les parasols, secouait les pins, et faisait tomber la température de la mer de 25°C à 17°C en un claquement de doigts.

C’était normal. Personne n’en faisait une tragédie grecque.

Et aujourd’hui ?

Une petite baisse de température dans la Méditerranée et voilà que les chaînes d’info s’emballent : “Phénomène étrange !”, “Vacanciers sous le choc !”, “Faut-il annuler les congés ?” — Calmez-vous les amis, c’est juste l’été dans le sud, pas un épisode de “Survivor Côte d’Azur”.

On dirait que plus personne ne se souvient que la mer Méditerranée n’est pas une piscine chauffée. Ni que le vent souffle parfois. Ni que c’est justement ça, le charme de nos étés : leur caractère, leurs caprices, et cette bise revigorante qui vous colle les cheveux sur le visage pendant que vous sirotez un rosé bien frais.

Alors chers présentateurs météo, arrêtez de faire trembler les vacanciers. Ce n’est pas la fin du monde, c’est juste le Mistral. Il revient tous les étés comme le pastis à 18h. On s’y fait. On l’aime, même. Il fait partie du décor.

Et vous savez quoi ? Tant mieux que l’eau soit fraîche. Ça réveille les idées. Y’en a qui en auraient bien besoin.

(Traduction pour les Marseillais)

Oh fan de chichourle, y fait un peu frais ? Ben oui, c’est le Mistral !

Quand j’étais pitchoun, qu’on vivait dans la banlieue ouest de Paris, l’été, c’était pas compliqué : direction le Midi. Et attention, pas en touriste hein ! On descendait voir la grand-mère à Marseille, l’armada familiale, les cousins qui parlaient fort, les repas à rallonge, la pastèque au frigo et les moustiques affamés.

Ensuite, cap sur les plages : Juan-les-Pins d’abord, puis Cavalaire plus tard. Là, on retrouvait les copains d’été, on s’inventait mille vies, et on crâmait joyeusement au soleil. Il faisait chaud. Très chaud. Même plus qu’aujourd’hui si tu veux mon avis, malgré tout le barouf qu’on nous fait avec le changement climatique.

Et y’avait des règles, comme au tiercé :
• Le 15 août ? Hop, le ciel se couvre, l’air fraîchit. Inratable.
• Et le Mistral, ah le Mistral ! Trois jours à t’arracher les oreilles, à renverser les parasols, à t’empêcher de dormir la fenêtre ouverte. Et la mer ? Elle devenait toute sombre, toute froide. Tu passais de 25°C à 17°C en deux brasses. Et tout le monde trouvait ça normal. C’était même un peu le folklore local.

Et là, en 2025, qu’est-ce qu’on voit ?
Des journalistes qui découvrent que la Méditerranée est froide et qui en font tout un fromage ! “Phénomène inquiétant”, “Plages désertées”, “Tourisme en danger”… oh fan de bouillabaisse, arrêtez un peu !

C’est pas nouveau. C’est l’été chez nous. On dirait que plus personne ne connaît le vent du pays. À croire qu’ils pensent qu’en Provence, le soleil brille non-stop et que l’eau doit rester à 26 degrés sinon on appelle les pompiers.

Allez, faut se ressaisir. Laissez le Mistral souffler, laissez la mer se rafraîchir, et allez prendre un verre de rosé à l’ombre d’un platane. Avec quelques olives, un peu d’aïoli et une bonne tranche de bon sens.

Et si l’eau est trop froide ? Ben on met juste les pieds. Et on râle… mais avec l’accent !

Back to my Main Blog – I do it my way

J2S

Posted in Nostalgia, Seasonal reflections, Weather | Tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment

The calm after the storm

🇬🇧

(Also known as grandkids going home)

July 2025 – Somewhere between nostalgic and shell-shocked

So. The whirlwind is nearly over. The house, which recently resembled a toy shop after a minor explosion, is about to fall eerily silent again. Yes, the grandkids—and their lovely, occasionally bleary-eyed parents—are flying back home tomorrow. I already miss them. Almost.

Let me be clear: I shall not miss the mysterious winging (read: whining) that seemed to erupt at random intervals and for reasons that made absolutely no sense to the adult mind. Hunger? No. Tiredness? Nein. A sibling looking in the general direction of one’s toy? Bingo!

But oh, how I shall miss the grins with jam-smeared cheeks, the spontaneous cuddles mid-cartoon, and the surprisingly diplomatic wrestling matches on the sofa (which, I suspect, was a sort of training ground for future UN negotiations). And the giggles! The house practically echoed with the sound of their joy—which, for the record, is far superior to any surround sound system.

One of the most delightful surprises? The conversations. Who knew that a five-year-old and a three-year-old could hold a trilingual chat with such flair? German, English, and now—thanks to moi—a dash of French. We’ve mastered counting up to dix, the all-important phrase “Vache qui rit,” and the occasional “Oh là là” when someone falls off a chair. I consider it cultural enrichment.

Of course, Christmas is the likely next rendezvous. By then, they’ll probably speak fluent emoji and know how to hack into my smart TV. Meanwhile, I shall recover with a large cup of tea, a book that doesn’t have pop-up dinosaurs, and the knowledge that my sofa may finally stop emitting suspicious crinkling sounds from hidden biscuits.

Until then, dear little tornadoes—merci, danke, and thank you for the chaos and the cuddles. 💙

P.S.: The fridge has been restocked with adult food, and no one has licked the remote in the last hour. Progress.



🇫🇷

Le calme après la tempête

(aussi connu sous le nom: les petits-enfants sont repartis)

Juillet 2025 – Entre nostalgie et soulagement silencieux

Eh bien voilà. La tornade touche à sa fin. La maison, qui ressemblait ces derniers jours à une succursale de JouéClub après un passage de cyclone, s’apprête à retrouver un silence presque suspect. Les petits-enfants – et leurs charmants parents à l’allure doucement épuisée – s’envolent demain. Et, soyons honnêtes, une petite partie de moi jubile à l’idée d’un brin de paix. Juste un brin.

Soyons clairs : je ne regretterai pas les gémissements surgissant sans logique apparente – du moins aucune que le cerveau adulte puisse comprendre. Faim ? Non. Fatigue ? Pas du tout. Frère ou sœur ayant osé regarder dans la direction d’un jouet sacré ? Ah, là oui, drame garanti.

Mais ce que je vais regretter profondément, ce sont les sourires pleins de confiture, les câlins improvisés en plein dessin animé, et les combats de canapé aussi bruyants que joyeusement pacifiques (je soupçonne qu’on forme là nos futurs diplomates internationaux). Sans parler de leurs éclats de rire ! Le salon résonnait comme une salle de concert miniature version bonheur pur.

Ce qui m’a le plus bluffé ? Les conversations. Incroyable mais vrai : à 5 et 3 ans, ils arrivent à tenir de véritables échanges… et en trois langues s’il vous plaît ! L’allemand, l’anglais, et maintenant un soupçon de français grâce à votre serviteur. On compte jusqu’à dix, on dit fièrement “Vache qui rit”, et on ponctue les chutes accidentelles d’un très parisien “Oh là là”. Éducation culturelle, check.

Prochaine étape ? Noël sans doute. À ce rythme, ils parleront couramment emoji et sauront reprogrammer ma box avant le réveillon. En attendant, je vais profiter d’un bon thé, d’un livre sans images ni dinosaures qui surgissent en relief, et d’un canapé qui, avec un peu de chance, ne crissera plus à cause d’un Petit Beurre oublié entre les coussins.

Alors mes petits ouragans, merci – danke – thank you pour le bazar, les bisous et tout le reste. 💙

P.S. : Le frigo a retrouvé une nourriture d’adulte, et personne n’a léché la télécommande depuis une heure. On progresse.

ack to my Main Blog – I do it my way

J2S

Posted in Family, Lifestyle | Tagged , , , , , , , , , | 1 Comment