This morning, the final piece of the puzzle arrived: a handsome little bottle of Jalapeño liqueur, shipped with care and probably a little Gallic shrug, all the way from the Bar Spirit Shop in Toulouse.
🌶️ Yes, the French may not know their way around a jalapeño like they do a baguette, but they certainly know how to run a boutique booze business. And who am I to question international postal services when the end result is a fiery Mexican elixir now sitting proudly on my kitchen counter?
🌶️ So now, finally, I’m ready to attempt what has only existed in theory (for me at least): the Spicy Margarita Rosé — a cocktail that promises to be as refreshing as it is dangerous. Think summer brunch meets tequila-fueled sass. A drink that whispers “elegance” but slaps like a telenovela villain.
There’s just one catch.
I’m still not drinking.
Yes. I am the mixologist without a glass. The cocktail conductor who never hears the music. The sober sorcerer with a shaker full of spells I can’t taste.
🌶️ But where there is thirst, there is always a volunteer. Or in this case, “her indoors.” My trusty partner in life, crime, and cocktail testing. She doesn’t know it yet, but she’s been promoted to official guinea pig for this experiment. (Honestly, she should have seen it coming the minute that Toulouse package arrived and I rubbed my hands together like a Bond villain in a Williams Sonoma apron.)
🌶️ Now, let’s not get ahead of ourselves. It’s still far too early in the day to unleash the tequila. Even my recklessness has boundaries, and mid-morning margaritas feel like something best left to spring break and celebrities in rehab.
🌶️ So for now, I wait. The jalapeño liqueur chills. The rosé glistens in the fridge. The limes eye me suspiciously from the fruit bowl.
But come lunchtime? Oh, lunchtime will be fiery, floral, and fabulously pink.
Watch this space — the first sip review (and possibly a flaming review from “her indoors”) is coming soon.
🍸🔥💖
Il est temps de shaker
Essai du Spicy Margarita Rosé
Ce matin, le dernier ingrédient tant attendu est enfin arrivé : une jolie petite bouteille de liqueur de jalapeño, expédiée avec amour (et sans doute un petit haussement d’épaules à la française) par le Bar Spirit Shop de Toulouse.
🌶️ Certes, les Français ne manient pas le jalapeño comme ils manient la baguette, mais il faut leur reconnaître un certain talent pour dénicher de l’alcool de niche avec un chic indiscutable. Et moi, je ne vais certainement pas remettre en question les services postaux internationaux quand le résultat, c’est un élixir mexicain qui trône fièrement sur mon plan de travail.
🌶️ Je suis donc officiellement prêt à tenter ce qui, jusqu’à présent, n’existait que dans mes rêves (et dans mes recherches fiévreuses sur Pinterest la semaine dernière) : le Spicy Margarita Rosé — un cocktail aussi rafraîchissant que potentiellement dangereux. Imagine un brunch d’été avec une touche de tequila et un petit côté olé olé. Une boisson qui murmure « élégance » mais qui gifle comme une héroïne de telenovela.
Petit détail : Je ne bois toujours pas.
Eh oui. Me voilà mixologue sans verre. Chef d’orchestre du cocktail sans la moindre note. Magicien sobre avec un shaker rempli de sorts que je ne peux même pas goûter.
🌶️ Heureusement, où il y a soif, il y a toujours un volontaire. Ou plutôt, une. Dans ce cas précis, ce sera « Madame à l’intérieur », ma compagne de vie, de bêtises, et désormais de dégustation. Elle ne le sait pas encore, mais elle vient d’être nommée cobaye officiel de cette expérience épicée. (Franchement, elle aurait dû se douter de quelque chose quand j’ai accueilli le colis toulousain en me frottant les mains comme un méchant de dessin animé.)
🌶️ Mais pas de précipitation. Il est encore un peu tôt pour dégainer la tequila. Même moi, j’ai mes limites, et le cocktail de 10 h du matin reste un truc réservé aux influenceurs en descente ou aux célébrités en cure de désintox.
🌶️ Alors, j’attends. La liqueur de jalapeño se repose. Le rosé brille dans le frigo. Les citrons verts me jettent des regards suspicieux depuis la corbeille à fruits.
Mais à l’heure du déjeuner ? Oh, là, ça va être piquant, fleuri, et merveilleusement rose.
Restez dans le coin — la critique du premier verre (et peut-être les critiques de Madame) arrivent très bientôt.
A couple of days ago, I was already grumbling about the plane trees shedding their leaves as if we were in late October. Fast forward to this morning: I open the international papers and what do I read? The Germans are already gearing up for Oktoberfest. Yes, the same Oktoberfest that—spoiler alert—doesn’t even take place in October but kicks off in September. At this rate, I half expect to see chocolate Santas hitting the supermarket shelves before the week is out.
The calendar says August, the weather feels like autumn, and the news screams “beer and lederhosen season.” If this continues, I may as well string up the Christmas lights next week and start worrying about where I left last year’s decorations. The only snag? I haven’t even started my Christmas shopping yet. Oh well—cheers to a year that seems to be running at double speed.
🇫🇷
L’automne en août ?
Il y a quelques jours, je râlais déjà en voyant les platanes perdre leurs feuilles comme en plein mois d’octobre. Et ce matin, que lis-je dans la presse internationale ? Les éditions allemandes parlent déjà de l’Oktoberfest ! Oui, oui, la fête de la bière qui, rappelons-le, ne se déroule même pas en octobre mais bien dès septembre.
Bref, nous sommes mi-août, la météo fait penser à l’automne, et les journaux nous mettent déjà dans l’ambiance “bière et lederhosen”. À ce rythme-là, je sens que je vais sortir les guirlandes de Noël la semaine prochaine. Petit détail : je n’ai même pas commencé mes achats de Noël…
Herbst im August?
Vor ein paar Tagen habe ich schon gejammert, weil die Platanen ihre Blätter verlieren wie im Oktober. Und heute Morgen, beim internationalen Zeitunglesen, traue ich meinen Augen kaum: die deutschen Ausgaben reden bereits vom Oktoberfest! Ja genau, dieses Fest, das – kleiner Funfact – gar nicht im Oktober stattfindet, sondern schon Ende September.
Also bitte: wir haben Mitte August, draußen fühlt es sich nach Herbst an, und die Schlagzeilen schreien schon „Bier und Lederhosen“. In diesem Tempo kann ich nächste Woche direkt die Weihnachtsdeko aufhängen. Blöd nur: Mit dem Weihnachtseinkauf habe ich noch nicht einmal angefangen …
If I had to sum up this past week in two words, they would be: boring and down in the dumps. Maybe one caused the other. Or maybe it was just me. My better half certainly didn’t help by reminding me every day how bored she was — and as any married person knows, boredom is contagious.
Admittedly, there wasn’t much happening. The July festival is over, the heatwave is in full swing, and even the pool has become more sauna than sanctuary. So we’ve mostly been hiding indoors with the air con, like modern-day cave dwellers, only with Netflix.
Still, there were highlights. On Tuesday, we made the trek to Narbonne Plage for lunch at L’Hospitalet Beach. Three hours of bliss, good food, and (for those not on a dry spell or behind the wheel) a brand new cocktail: the Spicy Margarita Rosé. I’m told it’s dangerously good. I’ve already ordered the ingredients, including a bottle of jalapeño 🌶️ liqueur, so that I can attempt to recreate it. Now all I need is a brave volunteer — any takers?
This was also a week of birthdays: Laura, my wife Carole, Charlie, and my friend Christian all blew out candles (and I blew out patience trying to remember all the dates). On Thursday we tested Maria Casa, a new Spanish place in town. More bistro than restaurant, but the tapas were solid and the meat unexpectedly good. Worth a return visit.
Evenings were spent time-traveling thanks to TV. ARTE ran an excellent documentary on Joe Cocker, which was basically a Proustian madeleine in song form. Cue melancholy. Then, a program on Didier Barbelivien — a name that meant nothing to me, given I skipped French culture between 1975 and 2017. Turns out, he wrote a mountain of hits for others, including the brilliant “À toutes les filles…” (1990).
So yes, I’m late to the party. Fashionably, I’d like to think.
The blues lingered, but not unpleasantly. I read more, wrote more pages for my book, discovered new music (hello, Gossip and the inimitable Beth Ditto). By week’s end, I’d resigned myself: sometimes, being down in the dumps can be oddly productive.
Right now, my headphones are charged, the pool is calling, and I’ve got a large cold drink waiting. Time to sink into water, music, and maybe just a little more nostalgia.
🇫🇷
La semaine écoulée – 33/2025
Canicule, cocktails et coups de blues
Si je devais résumer cette semaine en deux mots, ce serait : ennuyeuse et morose. Peut-être que l’un a entraîné l’autre. Ou peut-être que c’est moi. Ma meilleure moitié n’a cessé de répéter à quel point elle s’ennuyait — et comme chacun sait, l’ennui est hautement contagieux.
Il faut dire qu’il ne se passe pas grand-chose. Le festival de juillet est terminé, la canicule bat son plein, et même la piscine ressemble plus à un hammam qu’à un lieu de fraîcheur. Résultat : nous vivons cloîtrés à l’intérieur, sous l’air conditionné, un peu comme des troglodytes modernes — Netflix en plus.
Il y a quand même eu quelques bons moments. Mardi, escapade à Narbonne-Plage pour déjeuner à L’Hospitalet Beach. Trois heures de bonheur, de bons plats, et pour ceux qui n’étaient ni sobres ni conducteurs désignés, un tout nouveau cocktail : le Spicy Margarita Rosé. On m’a dit que c’était redoutable. J’ai déjà commandé tous les ingrédients, y compris une bouteille de liqueur de jalapeño, pour tenter de le reproduire à la maison. Il me faudra juste un cobaye… volontaires bienvenus.
C’était aussi la semaine des anniversaires : Laura, Carole (mon épouse), Charlie et mon ami Christian ont tous soufflé leurs bougies (et moi, j’ai soufflé pour ne pas oublier toutes les dates). Jeudi, déjeuner au Maria Casa, un restaurant espagnol assez récent en ville. C’est plus un bistrot typique qu’un restaurant, mais les tapas étaient réussis et la viande, une belle surprise. J’y retournerai.
Les soirées, elles, avaient un parfum de nostalgie grâce à la télé. ARTE a diffusé un excellent documentaire sur Joe Cocker, une madeleine de Proust en version musicale. Résultat : un grand coup de blues. Puis, un programme sur Didier Barbelivien — un nom qui ne me disait rien, vu que j’ai raté toute la scène culturelle française entre 1975 et 2017. Finalement, il a écrit des tas de tubes pour d’autres artistes, dont l’inoubliable « À toutes les filles… » de 1990. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais.
Alors oui, j’ai eu un bon gros coup de cafard… mais pas désagréable au fond. J’ai lu pas mal, avancé dans l’écriture de mon livre, découvert de nouveaux groupes (comme Gossip et l’incroyable Beth Ditto). Bref, une semaine un peu grise mais finalement productive.
Et là, mes écouteurs sont chargés, un grand verre bien frais m’attend, et la piscine me fait de l’œil. Direction l’eau, la musique… et peut-être encore un peu de nostalgie.
Je regardais récemment un film américain, un de ces classiques sur un braquage à New York. À un moment, un agent du FBI demande à un policier de décrire l’accent d’un suspect. La réponse ? « Un accent européen. »
Pardon ? Vraiment ?
Déballons un peu cette absurdité. L’Europe, c’est plus de 40 pays, avec des langues, des dialectes et des accents aussi variés que ses paysages. Un Allemand parlant anglais ne ressemble en rien à un Espagnol, un Italien ou un Français comme moi (nous, évidemment, on a la classe). Et je ne parle même pas des Britanniques : anglais de la Reine, cockney, écossais, gallois ou irlandais ? La palette est riche et fascinante, mais apparemment, tout se résume à « européen. »
Peut-être que ce policier était dépassé. Peut-être qu’il voulait dire britannique (même si, depuis le Brexit, on pourrait en débattre). Ou peut-être—et c’est ma théorie—qu’un scénariste paresseux a préféré simplifier en utilisant le cliché du « foreigner générique. »
En tant que fier Français et Européen, je trouve cela à la fois amusant et légèrement agaçant. La force de l’Europe réside dans sa diversité. Le projet de constitution européenne avait tout compris avec sa devise « Unie dans la diversité. » Nous sommes un kaléidoscope de cultures et de langues, harmonieux d’une façon qui peut parfois laisser perplexe les observateurs extérieurs.
Je comprends : pour un Américain moyen, distinguer un Français d’un Espagnol ou d’un Italien peut sembler aussi compliqué que de différencier une pizza new-yorkaise d’une deep dish de Chicago—complexe, si on n’a jamais goûté. Mais voici un conseil : écoutez attentivement. Cet « accent européen », c’est une symphonie d’histoires et d’identités qui ne demande qu’à être appréciée.
En attendant, je continuerai de rire des leçons de géographie d’Hollywood. Qui sait ? La prochaine fois, peut-être décriront-ils quelqu’un avec un « accent nord-américain » et verront ce que ça donne au Canada ou au Mexique.
Et vous, qu’en pensez-vous ? L’expression « accent européen » a-t-elle un sens ? Réagissez ci-dessous, mais seulement si vous devinez d’abord mon accent !
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European Accent: A Lesson in Diversity (and Geography)
I recently had the pleasure—or should I say bemusement—of watching an American movie. It was your classic heist flick, set in the urban jungle of New York. The plot thickened when an FBI agent asked a cop to describe a suspect’s accent. The answer? “A European accent.”
Excuse me, what?
Let’s unpack this gem. Europe is home to over 40 countries, with languages, dialects, and accents as diverse as its landscapes. A German attempting English sounds utterly different from a Spaniard, an Italian, or a French person like myself (we sound chic, obviously). Then there’s British English—Queen’s English or Cockney? Scottish, Welsh, or Northern Irish? The spectrum is dazzling, yet apparently, it all boils down to “European.”
Now, perhaps the cop was overwhelmed. Maybe he meant British (though post-Brexit, even that is a debate). Or maybe—and here’s my theory—it was a scriptwriter’s shortcut, waving the “generic foreigner” flag in lazy stereotyping.
As a proud French European, I find this both amusing and a little exasperating. Europe’s strength lies in its diversity. Our draft constitution’s motto, “United in Diversity,” captured this perfectly. We’re a mosaic of cultures and languages, harmonizing in a way that sometimes bewilders outsiders.
I get it. For the average American, distinguishing French from Spanish or Italian might feel like spotting the differences between New York pizza and Chicago deep dish—complex if you’ve never tasted either. But here’s a tip: listen carefully. That “European accent” is a symphony of histories and identities waiting to be appreciated.
In the meantime, I’ll keep chuckling at Hollywood’s geography lessons. Who knows? Maybe next time, they’ll describe someone with a “North American accent” and see how that flies in Canada or Mexico.
Your thoughts? Do you think “European accent” holds any weight? Comment below, but only if you promise to guess my accent first!
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Ein europäischer Akzent: Eine Lektion in Vielfalt (und Geographie)
Kürzlich habe ich mir einen amerikanischen Film angesehen, so eine typische Gaunerkomödie in New York. In einer Szene fragt ein FBI-Agent einen Polizisten, wie der Akzent eines Verdächtigen klingt. Die Antwort? „Ein europäischer Akzent.“
Entschuldigung, bitte was?
Lassen wir das mal kurz sacken. Europa besteht aus über 40 Ländern, mit Sprachen, Dialekten und Akzenten, die so vielfältig sind wie seine Landschaften. Ein Deutscher, der Englisch spricht, klingt völlig anders als ein Spanier, ein Italiener oder ein Franzose wie ich (wir klingen natürlich chic). Und was ist mit den Briten? Queen’s English, Cockney, Schottisch, Walisisch oder Nordirisch? Die Bandbreite ist beeindruckend, aber scheinbar läuft alles auf „europäisch“ hinaus.
Vielleicht war der Polizist überfordert. Vielleicht meinte er „britisch“ (wobei das nach dem Brexit auch wieder kompliziert ist). Oder – und das ist meine Theorie – ein fauler Drehbuchautor hat einfach das Klischee vom „generischen Ausländer“ bedient.
Als stolzer Franzose und Europäer finde ich das zugleich amüsant und ein bisschen ärgerlich. Europas Stärke liegt in seiner Vielfalt. Die geplante europäische Verfassung brachte das perfekt auf den Punkt mit ihrem Motto: „In Vielfalt geeint.“ Wir sind ein Mosaik aus Kulturen und Sprachen, das in einer Weise harmoniert, die Außenstehende manchmal verwirren mag.
Ich verstehe schon: Für den durchschnittlichen Amerikaner ist es vielleicht so schwierig, einen Franzosen von einem Spanier oder Italiener zu unterscheiden, wie eine New Yorker Pizza von einer Chicagoer Deep Dish auseinanderzuhalten – schwierig, wenn man beides nie probiert hat. Aber ein Tipp: Hinhören lohnt sich. Dieser „europäische Akzent“ ist eine Symphonie aus Geschichten und Identitäten, die darauf warten, geschätzt zu werden.
Bis dahin lache ich weiter über Hollywoods Geographielektionen. Wer weiß? Vielleicht beschreiben sie das nächste Mal jemanden mit einem „nordamerikanischen Akzent“ – und sehen dann, was die Kanadier oder Mexikaner dazu sagen.
Und ihr? Was denkt ihr? Hat der Begriff „europäischer Akzent“ überhaupt eine Bedeutung? Schreibt es in die Kommentare – aber nur, wenn ihr zuerst meinen Akzent erratet!
🎸There’s something about French TV after 11:45 p.m. that feels like rummaging through a dusty attic — you never know if you’ll find a priceless antique or a moth-eaten hat. My late-night zapping ritual often delivers little gems, and last night, ARTE — that gloriously intellectual Franco-German cultural channel — pulled a good one out of the box: a musical deep-dive into Joe Cocker.
🎸Now, I thought I knew Joe. Gravelly voice, Woodstock 1969, a few iconic covers, that unforgettable “With a Little Help from My Friends” moment. But apparently, my Joe Cocker knowledge was about as complete as a wine bottle after a family lunch in Provence.
🎸The songs came flooding back — each one a little time machine. They even played a clip from Woodstock, and there was Joe, windmilling his arms like a man trying to dry invisible laundry. But the real punch came when I remembered the night I saw him live, by accident, in Hannover.
🎸Picture this: I’m driving home from work, minding my own business, when I notice crowds gathering by the Maschsee lake. Lights, music gear, people with that “something’s about to happen” look. I park, wander over, grab a beer — and suddenly I’m front row for Joe Cocker on a floating stage. It was all free, part of the Expo 2000 celebrations. No ticket, no plan, just me, beer in hand, watching a legend perform on the water. Life at its most gloriously unarranged.
🎸Of course, Joe’s music also carries me back to certain… more youthful adventures. One in particular involved a scooter ride from Paris to Sens — 100 kilometres in the name of romance. The girl’s father was, inconveniently, the local Gendarmerie commander. The evening ended in a nightclub, our “song” blasting, and… well, let’s just say there was some unorthodox entering and exiting of premises. The details remain classified for national security reasons.
🎸The trouble with programs like this is that they leave me with that bittersweet cocktail of nostalgia and blues. A reminder of moments that will never come back, but that I wouldn’t trade for anything.
🎸Still, I’ll keep tuning in to ARTE at midnight. You never know — next time it might be Janis Joplin, The Doors, or someone I didn’t even know I knew.
And maybe, just maybe, it’ll stir up another memory I’d forgotten I still owned.
Zapping de minuit
Joe Cocker et autres aventures imprévues
🎸Il y a quelque chose dans la télé française après 23 h 45 qui ressemble à fouiller dans un vieux grenier : parfois on tombe sur un bijou, parfois sur un chapeau miteux. Mon rituel nocturne de zapette m’offre souvent des petites pépites, et hier soir, jackpot : ARTE – ce merveilleux canal culturel franco-allemand – proposait un reportage musical sur Joe Cocker.
🎸Joe Cocker, je croyais connaître. La voix rauque, Woodstock 1969, quelques reprises mythiques, ce « With a Little Help from My Friends » qui donne envie d’ouvrir une bière même à 9 h du matin. Mais visiblement, ma culture cockerienne était aussi complète qu’une bouteille de rosé après un déjeuner de famille à Marseille.
🎸Les chansons s’enchaînaient, chacune comme une machine à remonter le temps. Woodstock défilait à l’écran, Joe moulinait des bras comme s’il essayait d’essorer un drap invisible. Et là, un souvenir m’a sauté au visage : le soir où je l’ai vu en concert… par pur hasard, à Hanovre.
🎸Scène : je rentre du boulot en voiture, tranquillou, quand je vois du monde attroupé au bord du Maschsee. Des lumières, du matos, et cette ambiance « un truc va se passer ». Je me gare, j’approche, je prends une bière… et paf ! Me voilà, premier rang, pour Joe Cocker sur une scène flottante. Gratuit. Cadeau de l’Expo 2000. Zéro planification, 100 % bonheur.
🎸Forcément, Joe m’emmène aussi vers des souvenirs plus… disons… romantiques. Une virée en scooter de Paris à Sens, cent bornes pour rejoindre une fille rencontrée quelques semaines plus tôt. Détail croustillant : son père était le commandant de la gendarmerie locale. La soirée s’est terminée en boîte de nuit, notre « chanson » dans les enceintes… et, disons-le pudiquement, quelques manœuvres d’entrée et de sortie qui n’étaient pas tout à fait réglementaires. Les détails sont classés « secret-défense ».
🎸Le problème avec ce genre d’émission, c’est qu’on ressort avec ce petit blues sucré-salé : heureux de se souvenir, un peu triste que ce soit déjà loin.
🎸Mais bon, je continuerai à zapper à minuit sur ARTE. Qui sait ? La prochaine fois, ce sera peut-être Janis Joplin, The Doors… ou quelqu’un que je ne savais même pas que je connaissais.
Et, avec un peu de chance, un autre souvenir viendra frapper à la porte.
Ah mon pote… pas une seule photo de ma piaule d’ado. Rien. Que dalle. Juste des souvenirs qui s’effilochent dans ma caboche comme un vieux pull. Pourtant, j’te jure, c’était quelque chose. La baraque s’appelait La Sauvageraie — rien qu’le nom, t’as déjà l’impression qu’y va se passer des trucs pas clairs. Quatre étages : un pour faire style on est bien élevés, un pour pioncer, un pour bouffer, et un pour faire toutes les conneries possibles.
Tout en bas, au niveau du jardin, c’était NOTRE fierté : le bar-discothèque que mes vieux avaient bricolé pour moi et mes deux frangins. Leur idée ? Mieux vaut qu’les mômes se foutent la tête à l’envers ici, sous notre pif, plutôt que dans des bouges où on sait pas c’qu’ils fabriquent. Et bah crois-moi, on l’a bien rentabilisé, le bouzin. Soirées à gogo, musique à réveiller les morts, l’alcool “en modération” (tu parles !), des slows hésitants, et les fameux premiers bécots qui t’foutent les papillons dans le bide.
À côté, t’avais la cuisine… mon gars, on pouvait y garer une 4L. Et dessous, la cave, coupée en trois pièces cheloues, dont au moins une aurait pu planquer un macchabée tranquille.
Un étage plus haut, t’arrivais dans la partie sérieuse : grande entrée, salle de piano (huit ans à martyriser Chopin, et toujours pas foutu d’jouer à un dîner sans me planter), salon, bureau du daron, p’tit salon avec télé et — devine — un deuxième bar, et la salle à manger où fallait se tenir droit comme un piquet. On restait pas trop traîner là, sauf si on nous sonnait.
Encore au-dessus, l’étage des chambres. Cinq chambres, deux salles de bain. J’étais bien planqué dans la mienne jusqu’au jour où la daronne m’a sorti le coup du siècle : “Monte voir, j’ai un truc pour toi.” Et là, BAM ! Un grenier tout refait à neuf, rien que pour bibi. Pourquoi moi et pas les frangins ? Mystère de la vie.
C’était le paradis : grand lit, bureau en bois avec un tiroir secret (parfait pour mes magouilles), et sous le toit, mon coin cosy : matelas avec couverture en fausse fourrure, chaîne hi-fi, collection de vinyles qui poussait comme des champignons — Pink Floyd, Creedence Clearwater Revival, tout le gratin du rock. Un pouf énorme, un casque avec un fil assez long pour se faire un nœud autour du cou, et des étagères bourrées de bouquins.
Et là… le chef-d’œuvre : un téléphone américain, chiné chez un broc, branché sur la ligne de la maison par mes soins. Ça marchait nickel. À l’époque, avoir ton propre bigo dans ta piaule, c’était la grande classe.
Quand ça bougeait pas en bas, c’était l’attic party : musique, discussions à la con, et les pipes de tabac danois qu’on trouvait terriblement chic. Les week-ends, c’était open bar : les vieux à la cambrousse, nous, peinards jusqu’au dimanche soir.
Et puis… y’avait (P🚶🏻♀️). Ah… (P🚶🏻♀️). Son rire, mon gars… ça pouvait m’faire oublier comment je m’appelais. Elle laissait un parfum dans la chambre, un mélange d’interdit et de douceur. Ces moments-là, j’les garde bien planqués dans ma mémoire, comme dans le tiroir secret du bureau.
La nuit, allongé sur le matelas, dans le noir complet, juste les petites loupiotes de la chaîne hi-fi, j’me laissais embarquer par Floyd ou Fogerty. Entre rêve et mélancolie, le monde s’arrêtait là-haut.
Aujourd’hui, j’essaie parfois de refaire le coup : casque sur les oreilles, musique à fond, lumière éteinte… Ça marche presque. Mais sans le grenier, sans les potes, et surtout… sans (P.🚶🏻♀️)… c’est plus tout à fait pareil.
🇬🇧
La Sauvageraie
My palace beneath the roof
I have not a single photograph of my teenage bedroom. Not one. Just fading memories unraveling in my mind like an old, worn sweater. And yet, I swear it was something special. The house was called La Sauvageraie — a name that already hinted at adventures and trouble. Four floors in all: one to keep up appearances, one to sleep, one to eat, and one for all the mischief you could possibly imagine.
At the very bottom, level with the garden, lay our pride and joy: the bar-cum-discotheque my parents had built for me and my two brothers. Their philosophy was simple: better that the kids drink and dance under our roof than vanish into some questionable dive. And we certainly put it to good use. Endless parties, music loud enough to rattle the windows, alcohol “in moderation” (as if!), hesitant slow dances, and those glorious first kisses that filled your stomach with butterflies.
Beside it was a kitchen vast enough to park a small car. Below, the cellar — divided into three curious rooms, at least one of which could easily have concealed a body without raising suspicion.
One floor up was the “serious” part of the house: a grand entrance hall, a piano room (eight years of my life spent torturing Chopin, and still unable to play through a dinner party without stumbling), a formal living room, my father’s study, a smaller lounge with a television and — naturally — a second bar, plus the dining room, where posture was as important as conversation. We didn’t linger there unless we were summoned.
Above that came the bedroom floor: five bedrooms, two bathrooms. I was perfectly content in mine until the day my mother delivered her coup de théâtre: “Come upstairs, I have something to show you.” And there it was — a newly renovated attic, mine alone. Why me and not my brothers? Life keeps some secrets.
It was paradise. A large bed, a sturdy wooden desk with a secret drawer (ideal for my harmless conspiracies), and beneath the sloping beams, my private sanctuary: a mattress with a faux-fur throw, a hi-fi system, and a vinyl collection multiplying like mushrooms — Pink Floyd, Creedence Clearwater Revival, the whole pantheon of rock. A massive beanbag, headphones with a cord long enough to get tangled in, and shelves groaning under the weight of books.
And then the masterpiece: an American telephone I’d found in a flea market, wired into the house line by my own hand. It worked flawlessly. At the time, having your own phone in your room was the height of sophistication.
When the house was quiet below, the attic came alive: music, rambling conversations, and the Danish tobacco pipes we fancied terribly chic. Weekends were the best — parents away in the countryside, the place entirely ours until Sunday night.
And then… there was (P.🚶🏻♀️). Ah, (P.🚶🏻♀️). Her laugh could make me forget my own name. She’d leave a fragrance in the room — a heady blend of sweetness and forbidden promise. I keep those moments carefully locked away in my mind, like treasures hidden in the desk’s secret drawer.
At night, I would lie on the mattress in complete darkness, the tiny lights of the hi-fi glowing faintly, and let myself drift with Floyd or Fogerty. Between dream and melancholy, the world stopped spinning, right there beneath the roof.
These days, I sometimes try to recreate it: headphones on, music loud, lights off. It almost works. But without the attic, without the friends, and especially… without (P.🚶🏻♀️) … it will never be quite the same.
J’vous l’ai déjà dit, le Prado à Marseille, c’est un peu comme la bouillabaisse : ça revient toujours dans ma vie, même quand j’crois y avoir échappé. Ma grand-mère habitait rue Fontgate, pas loin du tout, et presque tous les soirs, on finissait au parc Borély, côté gauche du Prado en descendant vers la mer.
Mais ce que j’vous ai pas raconté, c’est qu’en face, y’avait — et y’a toujours — un grand immeuble qu’on appelait Saint-David (ou quelque chose comme ça) à cause de la statue du même nom au bout de l’avenue. Et là-dedans… oh peuchère… y’avait une pharmacie, moderne pour l’époque, qui appartenait à un de mes innombrables cousins marseillais. Un cousin germain une fois retiré, comme disent les spécialistes de l’arbre généalogique. Famille Sangiuolo — oui, j’ai déjà parlé de mon côté corse, non ?
Bref, on y passait souvent dire bonjour, et j’crois bien que mes parents en profitaient pour organiser le prochain festin familial, parce qu’à Marseille, la pharmacie, c’est aussi un peu l’agence de planification des repas du dimanche.
🌎 Premier retour au Prado : l’amour (des autres) et le pastis
Avec les années, j’avais un peu oublié le Prado. Faut dire que depuis notre déménagement près de Paris, à La Celle-Saint-Cloud, c’était plus pratique d’aller à Versailles qu’à Borély. Mais dans les années 70, j’me suis retrouvé à faire du stop dans le sud avec mon pote G. On avait décidé de voir du pays : Nice, Toulon, Marseille…
Marseille, c’était surtout pour G., qui voulait rendre visite à une certaine Ève — et là je vous vois venir : oui, elle était charmante, oui, elle avait l’accent qui chante, et oui, elle habitait… dans le même immeuble du Prado que celui de ma jeunesse ! Oh fan, le monde est vraiment petit. On y est restés deux jours. J’ai pas beaucoup de souvenirs précis, mais j’soupçonne fortement le pastis d’avoir effacé quelques détails.
🌎 Deuxième retour : à 6 000 kilomètres de la Canebière
Quelques années plus tard, j’suis étudiant à Villanova University, près de Philadelphie, entre 1973 et 1975. J’ai plein d’amis étrangers, et parmi eux, un Argentin d’origine hongroise (inutile pour l’histoire, mais ça pose le décor). Il roulait dans une Pontiac GTO — un monstre. J’la lui empruntais souvent, parce qu’un étudiant français en muscle car, ça en jette.
Un soir, on va à la grande soirée internationale de la ville. Y’avait du monde de partout, musique, danse, et surtout… boissons gratuites. En bons jeunes motivés, on se met en chasse. Et là, je la vois : la plus jolie fille de la soirée. Française, en plus ! Coup de bol ? Oui… sauf qu’elle était mariée (mais le mari était à un congrès médical, ça, c’est Marseille, on en profite pour papoter).
On parle, on rigole… et elle me sort qu’elle habite… à Marseille. Je vous le donne en mille : elle bosse à la pharmacie Sangiuolo du Prado. À Philadelphie, à 6 000 bornes de la Canebière, j’trouve quelqu’un qui connaît et bosse pour mon cousin. C’est pas du destin, ça ? On s’est écrit quelques mois, puis on a perdu le fil. Pas d’email à l’époque, et les lettres… oh, ça prend du temps.
🌎 Moralité
Hier, en écrivant sur Marseille, tout ça m’est revenu. Et je me dis que le Prado, c’est comme le pastis : même si tu t’en éloignes, il revient toujours dans ta vie… avec un p’tit goût de soleil et de nostalgie.
As planned, it was a quiet week. Some say too quiet. Those people are probably adrenaline junkies who can’t survive without bungee jumping before breakfast. Personally, I found it exactly what the doctor ordered—if the doctor were a fan of long lunches and minimal movement.
The week began with a delightful lunch at Laura & Charlie’s. The food? Excellent. The company? Even better. The Bourbon? Oh, the Bourbon. I gazed at Charlie’s fine bottles with the longing eyes of a cat staring through a fishmonger’s window. But I’m still on the wagon—seven weeks now, not a drop—and to my surprise, it feels entirely normal. (Someone please reassure me this isn’t permanent.)
Meanwhile, in the Sky…
The tranquility was occasionally interrupted by the largest forest fire in France in 70 years—just a few kilometres away. Not exactly the kind of excitement you hope for, but if you’re a fan of aerial displays, the firefighting planes put on quite the show. Catalinas, Dash 800s, and other sky heroes swooped in, using our local airport (CCF) as their pit stop. I tracked them obsessively on FlightRadar, which is as close as I’ll ever get to being an air traffic controller. Hats off to the pilots and ground crews—real-life Top Gun stuff, minus the soundtrack.
Thankfully, the fire is now under control, the air no longer smells of a giant campfire, and the Tramontane wind has gone back to its usual business: blowing southeast and rearranging hairdos across the region.
Heat, Pool, and… Digital Disaster
“La canicule” (heatwave) arrived right on schedule. I took refuge in the pool a couple of times, then retreated indoors where the air conditioning worked harder than a politician before an election.
This naturally led to more computer time, which led to… let’s call it a digital misadventure. I proudly acquired a new domain—**www.sauvageraie.com**—named after my childhood home near Paris. My grand vision: create a page that might one day generate income (details: TBD).
The bad news? In the process, I managed to delete my entire main blog at www.sauvaget.de. Yes, the whole thing. It was like accidentally throwing your entire house into a shredder while dusting the shelves. I’m now rebuilding it from scratch, which is time-consuming but not impossible, thanks to backups of other blogposts. Still… I am mildly annoyed with myself. And by “mildly” I mean extremely.
Mountains, Lakes, and Wrong Beaches
Today, we escaped to the Pyrenees for a little tour. Destination: Lac de Montbel. Lunch was pleasant, but the post-lunch beach plan didn’t quite happen—we either missed the right spot entirely or decided the heat would cook us alive. Instead, we meandered along gorgeous mountain roads through Camon (officially one of the “Best Villages in France”) and medieval Montolieu, before winding home via charming back roads.
Verdict: Not a bad week at all. Quiet, yes. But if life were always this quiet, I could get used to it—just as long as I stop accidentally deleting entire websites.
🇫🇷
La semaine qui fut – 32/2025
Oh fan de chichourle, quel calme!
Oh peuchère, comme prévu, semaine tranquille… mais alors tranquille de chez tranquille. Y’en a qui disent : « Oh fan, mais on s’ennuie ! » Eh ben moi non, j’me suis régalé. Des fois, faut savoir lever le pied, sinon tu finis plus vite cramé qu’un poisson oublié au barbecue.
Lundi, on s’est fait un resto chez Laura & Charlie. Oh là là, le repas… un régal digne d’un dimanche à la Bonne Mère. Charlie, il avait sorti ses Bourbons de compétition, mais moi, j’suis toujours à l’eau plate, sept semaines que je touche plus une goutte. Même que ça devient normal… c’est ça qui m’inquiète !
Pendant ce temps-là, le ciel jouait les pompiers
Et là, le gros show : le plus grand incendie depuis 70 ans en France, à deux pas de chez nous. Pas bon pour la sieste, mais alors pour les yeux, oh fan, c’était quelque chose !
Les Canadair, les Dash 800, et toute la bande faisaient des allers-retours comme des mouettes quand elles voient un banc de sardines. Ils venaient se ravitailler à notre aéroport CCF. Moi, sur FlightRadar, je suivais ça comme un derby OM–PSG. Les pilotes, les gars au sol… des héros, je vous le dis.
Et là, bonne nouvelle : le feu est maîtrisé, on sent plus la fumée, et le Tramontane a repris son service habituel — décoiffer tout le quartier sud-est.
La canicule, la piscine… et le drame du fada
La canicule a débarqué comme prévu. Deux plongeons dans la piscine, puis hop, je me planque dans la maison, clim à fond, histoire de pas finir à point comme une daube.
Et là, j’me dis : « Allez, un peu d’ordi, ça va m’occuper. » J’achète fièrement un nouveau domaine — www.sauvageraie.com — en hommage à la maison de mon enfance. J’me voyais déjà millionnaire, peuchère !
Sauf que… oh misère… dans la foulée, j’efface tout le contenu de mon blog principal www.sauvaget.de. Plus rien, nada, le désert ! Comme si j’avais balancé ma bibliothèque dans le Vieux Port. Résultat : je recommence tout à zéro. Oh, je m’en veux… mais alors je m’en veux !
Virée dans les montagnes
Aujourd’hui, direction les Pyrénées. Objectif : Lac de Montbel. On mange, on cherche la plage… et on trouve rien. Ou alors on l’a trouvée, mais vu la chaleur, on aurait fini plus grillés qu’un poulpe à la plancha.
Alors, on a roulé dans l’Ariège, traversé Camon (un des plus beaux villages de France), puis Montolieu, la médiévale. Retour par les petites routes, avec la clim de la voiture qui bosse plus que moi toute la semaine.
Bilan : semaine peinarde, mais pas triste. Et si je pouvais arrêter de jouer les fada avec mes sites web, ce serait parfait.
Tous les chemins mènent à Marseille, oh fan de chichourle ! Bon, c’est vrai, je suis né à Paris, dans un quartier bien propret du 8ᵉ… mais ça, mon ami, c’est juste pour la carte d’identité. En vrai, j’ai toujours eu Marseille dans le sang ! Mes parents habitaient à Montmartre, en face de la vigne, mais la moitié de l’année, on la passait dans le Midi. Et pourquoi ? Parce que du côté de ma mère, peuchère, y a de l’accent qui coule dans mes veines !
J’étais qu’un pitchoun, trop petit pour tout me rappeler, mais j’ai des images qui me reviennent, claires comme l’eau de la Calanque. En général, maman, mes frères et moi, on prenait le train à la gare de Lyon, direction Marseille. Pas n’importe lequel, attention : le Mistral ! Première classe, s’il vous plaît ! Ah… ce train-là, c’était le rêve : fauteuils moelleux, wagons-lits… Le voyage de nuit, c’était magique. Même aujourd’hui, quand je trouve pas le sommeil, je ferme les yeux et je me revois dedans, tranquille, en route vers le soleil.
Et quand on arrivait… ah ! Marseille ! On descendait au grand hôtel de Noailles, pas loin du Vieux-Port. Et surtout, à deux pas de la rue Fongate, là où ma grand-mère Alphonsine tenait la baraque. Alphonsine… rien que le nom, j’entends sa voix : “Allez, mon petit, viens donc goûter !” et je sens l’odeur du café qui embaume toute la cuisine.
Chez Alphonsine, c’était tout un monde. La porte était toujours ouverte — “On sait jamais, des fois qu’un voisin passe dire bonjour !” — et dans l’entrée, y avait cette odeur mêlée de lavande et de gratin qui sort du four. Le matin, elle me réveillait pas avec un “Debout !” sec comme à Paris, non… elle venait doucement, posait la main sur mon épaule et me chuchotait : — Allez pitchoun, le soleil t’attend, et j’ai fait chauffer le lait.
Après le petit-déj, on descendait souvent au marché du Cours Julien. Là, c’était le carnaval tous les jours : des tomates rouges comme des coquelicots, des melons qui embaumaient à dix mètres, et les marchands qui s’engueulaient pour rigoler. J’adorais ça. Et puis, y avait toujours quelqu’un pour me filer un morceau de fougasse en douce.
L’après-midi, si on n’allait pas voir la mer, on traînait du côté du Vieux-Port. Mon grand jeu, c’était de compter les bateaux, mais je perdais vite le fil parce qu’il y avait toujours un marin pour m’embarquer dans une histoire de pêche miraculeuse ou de tempête qui avait failli les envoyer “tout droit chez les poissons”.
Et puis, le soir, retour chez Alphonsine. Là, le pastis pour les grands, le sirop ou l’Antésite Réglisse Anis pour moi, et les discussions qui partaient dans tous les sens. “Tu te rappelles, la cousine de la tante du frère de…”, et tout le monde riait, même si personne savait vraiment de qui on parlait.
Les journées, peuchère, c’était un vrai marathon familial ! On passait voir une ribambelle d’oncles, de tantes, de cousins, de cousines… J’connaissais les rues comme ma poche : le Prado, bien sûr, et la route le long de la mer jusqu’à la Pointe Rouge. C’est là qu’on allait chez tonton Maurice et tatie Mimi, avec leur fils Guy, qui en plus était mon parrain.
La maison de tonton ? À deux pas de la mer, mon ami. Une route à traverser et hop, les pieds dans le sable. Alors forcément, on en profitait pour passer des après-midi entiers à la plage, sous le soleil qui tape et les cigales qui crient.
Mais parlons un peu de tonton Maurice… Ah, tonton Maurice ! Un vrai de vrai Marseillais, avec l’accent qui roule et les phrases où tu comprends la moitié — et encore, quand il parlait pas trop vite. Un caractère bien trempé, mais le cœur gros comme ça. Faut dire qu’il était commissaire de police à Marseille. Du coup, il connaissait tout le monde.
Et puis, c’était un bricoleur de première catégorie. Le pastis ? Il le faisait lui-même. Le vinaigre ? Pareil. Et la mécanique… alors là, laisse tomber ! Un jour, je l’ai vu démonter une Dauphine Gordini, pièce par pièce, jusqu’au dernier boulon, et la remonter nickel, mieux que sortie d’usine. C’était pour mon cousin Guy, d’ailleurs. Plus tard, on a fait ensemble le voyage de Paris à Marseille dans cette voiture-là, et je peux te dire qu’elle filait droit !
Et ce n’était pas la seule qu’il bichonnait. Sa voiture à lui, c’était une DS Citroën noire, avec des bandes blanches sur les bas-côtés et sur le toit. Je suppose qu’il s’était inspiré des voitures de police… ou alors, juste pour le style, va savoir.
À la Pointe Rouge, ça commençait toujours pareil : tonton Maurice lançait, en claquant la portière de la DS : — Allez, les pitchouns, dépêchez-vous, le soleil, lui, il nous attend pas !
On traversait la route en vitesse, serviettes sous le bras, et déjà l’odeur du sel et de la crème solaire venait nous chatouiller le nez. Le sable nous brûlait les pieds, mais on s’en fichait : deux pas de plus et c’était l’eau fraîche qui nous accueillait.
— Oh fan de chichourle, elle est bonne aujourd’hui ! lançait tatie Mimi, déjà jusqu’aux genoux.
Nous, les gosses, on passait des heures à plonger, à nager jusqu’aux bouées, à faire des concours pour savoir qui ramènerait le plus beau coquillage. Pendant ce temps, tonton Maurice, lui, restait sous son parasol à jouer les surveillants de plage avec son chapeau de paille et ses lunettes noires. De temps en temps, il levait la voix : — Oh, pas trop loin ! Et fais gaffe aux vagues, elles rigolent pas, elles !
Vers midi, l’odeur des pan bagnats sortis de la glacière commençait à attirer tout le monde. On s’asseyait en cercle sur nos serviettes, le jus des tomates coulait sur nos doigts, et le pain, trempé d’huile d’olive, craquait sous la dent. Tatie Mimi sortait aussi des abricots bien mûrs et des figues cueillies le matin même.
Après le repas, certains faisaient la sieste, bercés par le bruit des vagues et des cigales. Moi, j’aimais rester assis à côté de tonton, à écouter ses histoires de commissaire : des enquêtes rocambolesques, des arrestations à la Pagnol, et toujours cette façon de raconter où tu savais pas s’il exagérait… ou si tout était vrai.
Au bout du Prado, juste avant de sentir l’odeur de la mer, sur la gauche, y avait le parc Borély. On s’y arrêtait souvent… pour être franc, presque tous les jours. Le but ? Faire quelques tours de sulky à pédales. Ah, les sulkys… c’était toute une aventure !
Je me rappelle encore du monsieur qui les louait. Il avait une jambe de bois, toute lisse, comme un manche à balai géant, avec un embout en caoutchouc. Rien que de la voir, ça me donnait des frissons… J’en ai même fait des cauchemars. Pendant qu’on pédalait comme des fous, en essayant d’éviter les passants mais surtout les joueurs de pétanque — qui nous regardaient d’un sale œil, peuchère, comme si on allait leur écraser le cochonnet — je gardais toujours un œil sur maman.
Elle, elle discutait tranquillement avec le monsieur à la jambe de bois. J’étais persuadé qu’ils se connaissaient depuis longtemps. Et j’avais raison… mais je ne l’ai appris que des années plus tard. Maman m’a raconté qu’ils s’étaient rencontrés à l’hôpital, à l’époque où tous les deux souffraient de la polio. Pas facile d’en parler… Elle a même passé pas mal de temps dans un poumon d’acier. Heureusement, tout s’est bien terminé.
Et puis, il faut dire qu’à Marseille, maman était chez elle. Ça se voyait dans son sourire, dans sa façon de parler aux gens, et dans l’accent qui revenait tout seul, comme une vieille chanson qu’on n’oublie jamais.
En fin d’après-midi, quand le soleil commençait à descendre derrière Notre-Dame de la Garde et que la chaleur se faisait moins lourde, on rentrait doucement vers le centre. Parfois, on faisait un détour par le Vieux-Port. Ah… le Vieux-Port le soir, c’était un autre monde.
Les pêcheurs revenaient avec leurs bateaux, les filets encore pleins d’odeurs de mer et de poisson frais. Sur les quais, on entendait les mouettes se chamailler pour quelques restes, pendant que les enfants couraient partout. L’air était rempli de bruits : les cordages qui grinçaient, les voix qui se lançaient des “Oh, tu viens boire un canon ou quoi ?”, et au loin, l’accordéon d’un musicien ambulant.
Les terrasses commençaient à se remplir. Les verres de pastis brillaient sous la lumière orangée, et l’odeur des grillades — sardines, merguez, un peu de tout — se mélangeait à celle de l’iode. On s’asseyait souvent à une petite table, juste pour regarder passer le monde. Maman saluait toujours quelqu’un, un ancien voisin, un copain d’école ou un cousin oublié. Marseille, c’est comme ça : tout le monde connaît tout le monde… ou connaît quelqu’un qui te connaît.
Quand la nuit tombait, le port s’illuminait et l’eau se couvrait de reflets dorés. On rentrait à pied, en longeant les rues encore animées. Moi, j’avais la tête pleine d’images, l’odeur de la mer dans les narines, et la sensation d’être à ma place.
Au bout de quelques semaines, papa nous rejoignait de Paris avec sa voiture. Bourguignon d’origine, il avait pourtant passé sa jeunesse à Marseille et même fait ses études jusqu’à HEC au lycée Saint-Charles. Lui aussi, peuchère, connaissait un monde fou. Alors, en famille, on passait d’un restaurant à l’autre : aux Goudes, à la Madrague, à l’Escalette… Chaque sortie était un festin, avec la mer en toile de fond et le bruit des vagues qui venait se mêler aux discussions.
Le week-end, avec la voiture, on s’échappait souvent vers Cuges-les-Pins. Là-bas, tonton Maurice avait une vigne qui demandait pas mal d’attention, mais surtout… des pêchers. Et devine à qui revenait l’honneur de les cueillir ? À nous, les enfants, bien sûr ! On en mangeait tellement que, forcément, ça finissait par nous tordre un peu l’estomac. Mais sur le moment, on s’en fichait bien : les fruits étaient sucrés, juteux, et goûtaient le soleil.
Le soir, si on ne rentrait pas à Marseille, on allait à Cassis chez l’oncle Fernand. Ce dont je me souviens le plus, ce sont les bouteilles de vin que tonton Maurice apportait : sans étiquette, d’un rouge si foncé qu’on aurait dit de l’encre. On avait le droit d’y goûter… avec beaucoup d’eau, évidemment.
Ces soirées-là étaient fantastiques : les adultes riaient, discutaient fort, et nous, on écoutait en cachette leurs histoires, bercés par le parfum de la vigne et de la mer. Puis, sur le chemin du retour, on s’endormait sur la banquette arrière de la DS, bercés par le ronron du moteur et les virages de la route qui descendait vers Marseille.
Voilà comment commençaient nos étés. Après quelques semaines passées à Marseille, on prenait la route vers Juan-les-Pins, où notre maison de vacances nous attendait. Et là, c’était la fête quand tonton Maurice débarquait pour le week-end, souvent accompagné de tonton Fernand, de tonton André et de quelques autres joyeux lurons.
On passait des journées entières à se balader dans les collines. Tonton Maurice nous racontait ses histoires de chasse, et même comment attraper des oiseaux à la glu — une pratique cruelle, mais qui existe toujours. Moi, j’apprenais plein de choses en marchant avec eux dans les bois : reconnaître les traces d’animaux, savoir où trouver de l’eau, et surtout garder les yeux ouverts.
Quand venait la saison des champignons, il fallait se lever à l’aube, partir avant que le soleil chauffe, et marcher des heures. Plus tard dans ma vie, j’ai retrouvé ce plaisir à Manosque, chez mon cousin Gérard, le fils de tonton André. Il avait une superbe propriété, avec des champs de tomates qui sentaient l’été, et des bois à perte de vue. On partait chercher des champignons comme avant, et on se souvenait ensemble de Marseille, de Cuges, de Cassis, de Juan-les-Pins… de nos jeunes années.
Et puis… il y avait Jocelyne, sa femme. J’en étais un peu amoureux, je l’avoue. Aujourd’hui, Gérard n’est plus là, et Jocelyne vit au Brésil. Rien que d’écrire ces lignes, d’ailleurs, ça me ramène d’autres souvenirs… comme ma première fois sur l’île du Levant, et ma découverte d’un camp de naturistes. Mais ça… ah, ça, c’est une histoire pour un autre jour.
This post is only available in French, because honestly, I don’t think it can be translated — it’s basically one big play on words with a baguette in hand.
🇫🇷
L’autre jour, voilà que notre chère amie anglaise Julia – une vraie lady, le chapeau plus grand que l’ombre qu’il fait, les lunettes de star et le sourire en coin – vient passer quelques jours chez nous, dans notre belle Occitanie.
Et v’là qu’un matin, entre deux tartines et un peu de confiture de figue, elle me lance :
« Do you know zis apéritif I discovered? It’s called Pardi! »
Là, je manque de m’étouffer avec mon café ! Un apéritif qui s’appelle Pardi ?
Mais enfin ! Moi qui croyais connaître tous les apéros du Midi, du pastis de l’oncle Fernand au rosé de la cousine Mireille… Celui-là, jamais entendu parler.
Mais d’un coup, ça m’a fait tilt dans la caboche ! Je me suis retrouvé projeté à Marseille, quand j’étais pitchoun. Le vieux quartier, les volets bleus, les boulistes qui râlent, et ce mot qui sortait à toutes les sauces :
– Tu viens manger ?
– Pardi !
– Il fait un cagnard aujourd’hui !
– Pardi !
– Tu veux un petit jaune ?
– Pardi, tu poses la question !
Ce même soir – et là, attention le coup du destin – je tombe à la télé sur La Gloire de mon Père. Le film, le vrai, avec des cigales dans le fond et des pantalons à bretelles. Et qu’est-ce que j’entends tout du long ? Des « Pardi » à la pelle ! On aurait dit que Pagnol m’avait entendu depuis là-haut, depuis son petit nuage avec vue sur les collines d’Aubagne.
Et c’est là que ça m’a frappé ! Tu te rappelles de la série Les Cinq Dernières Minutes ? À la fin, le flic il se tapait la tête comme s’il avait trouvé la recette du bonheur et il disait :
« Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr ! »
Eh bien, moi je te le dis : s’ils avaient tourné ça chez nous, à Marseille ou dans n’importe quel village entre le thym et les oliviers, il aurait dit :
« Bonne Mère ! Mais c’est… Pardi ! »
Avoue que ça sonne mieux. On l’imagine, le commissaire moustachu, en train de remonter ses bretelles, un verre de pastaga à la main :
« La vérité, elle était là depuis le début… Pardi ! »
Alors Julia, si tu me lis, sache que tu n’as pas découvert qu’un apéro. Non. Tu as réveillé tout un pan de mon enfance. Et ça, c’est pas rien.
Allez, à ta santé, et comme on dit chez nous : Merci… et Pardi !