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Back in the days when I lived in Surrey — before the M25 spared us the joy of crossing London — I had a couple of important customers up in Norfolk. That meant a monthly pilgrimage northwards, usually involving an unreasonably early start, a thermos of optimism, and the eternal hope that London traffic might, just this once, behave.
The route was always the same: through the capital, onto the M11, then pointing the car towards Cambridge. And just beyond Cambridge lay a little ritual of mine — a lay-by stop that became as essential as the meeting itself.
There were three reasons for this sacred pause.
First, the tea van. The same one, parked faithfully in the same spot, day after day, rain or shine. They served proper builders’ tea — hot, strong, life-saving — and I could never resist the bacon sandwiches. Even now I suspect the smell alone could revive the dead.
Second, and you may not believe this, I had a shave. Yes, there I was in the lay-by, electric razor in hand (a feisty little battery-operated thing that lived in the glove compartment). I used it religiously. I even — I confess — used it while driving on quiet stretches. Different times, different standards of sanity.
And the third reason, perhaps the most compelling: the lay-by sat right next to the US Air Force base at RAF Lakenheath. It was almost guaranteed that a fighter jet or two would be on final approach just as I sipped my tea. The noise, the speed, the sheer power of it — an incredible sight. Better than any morning news bulletin.
These days I live in France, some 600 miles away, but every so often I fire up apps like Flightradar24 and I can track some of those very same jets. It always brings the memories flooding back — the cold mornings, the tea van, the smell of bacon, and the roar of American fighters slicing through the East Anglian sky.
What’s even more remarkable is how many US fighter jets are operating in that region today. And let’s just say… not all of them bother squawking their transponders.
Some things change. Some things don’t. And some things — like a good bacon sandwich and the thrill of a low-flying jet — stay with you forever.
🇫🇷
Souvenirs de l’aire de repos à Lakenheath
À l’époque où je vivais dans le Surrey — avant que le M25 ne nous évite enfin la joie de traverser Londres — j’avais deux clients importants dans le Norfolk. Cela signifiait un pèlerinage mensuel vers le nord, avec un départ souvent beaucoup trop matinal, un thermos d’optimisme et l’espérance éternelle que la circulation londonienne se comporte, juste une fois.
Le trajet était toujours le même : à travers la capitale, sur la M11, puis cap vers Cambridge. Et juste après Cambridge, il y avait un petit rituel qui était devenu aussi indispensable que le rendez‑vous lui‑même — un arrêt dans une aire de repos qui était presque sacré pour moi.
Trois choses expliquaient l’importance de cette pause.
Premièrement, le camion de thé. Toujours au même endroit, jour après jour, pluie ou beau temps. Ils faisaient du vrai thé d’ouvrier — fort, chaud, qui sauve la vie — et je ne pouvais jamais résister aux sandwichs au bacon. Même maintenant, j’ai l’impression que l’odeur seule pourrait ramener un mort à la vie.
Deuxièmement, et vous ne me croirez peut‑être pas, c’était là que je me rasais. Oui, sur l’aire de repos, rasoir électrique en main (un petit modèle énergique qui vivait dans la boîte à gants). Je le faisais religieusement. Je l’ai même utilisé en conduisant sur les tronçons tranquilles. Des temps différents, des standards de sanité différents.
Et troisièmement, peut‑être la raison la plus captivante de toutes : l’aire de repos se trouvait juste à côté de la base de l’US Air Force à RAF Lakenheath. Il était presque garanti qu’un ou deux avions de chasse seraient en approche finale juste au moment où je sirotais mon thé. Le bruit, la vitesse, la puissance pure — une vision incroyable. Bien meilleur que n’importe quel bulletin d’informations matinal.
De nos jours, je vis en France, à quelque 600 miles d’ici, mais de temps en temps j’ouvre des applications comme Flightradar24 pour suivre certains de ces mêmes avions. Ça ramène toujours les souvenirs en trombe — les matins froids, le camion de thé, l’odeur du bacon et le rugissement des chasseurs américains fendant le ciel de l’East Anglia.
Ce qui est encore plus remarquable, c’est le nombre de chasseurs américains toujours en activité dans cette région aujourd’hui. Et disons juste… pas tous ne transmettent leur transpondeur.
Certaines choses changent. Certaines ne changent pas. Et certaines — comme un bon sandwich au bacon et l’émotion d’un avion de chasse à basse altitude — restent avec vous pour toujours.
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