L’été

🇫🇷

Deux mois trop tôt, et alors ?

Il arrive sans prévenir, sans s’excuser, et avec un aplomb qui forcerait l’admiration même du mistral.

Il faut vous dire une chose : sur le calendrier — ce calendrier que l’on a accroché au mur avec toutes les bonnes intentions du monde et qui ne sert finalement qu’à constater qu’on est déjà au milieu du mois — l’été officiel est encore à deux grands mois de là. Le 21 juin, paraît-il. Comme si la nature avait jamais attendu la permission d’un almanach.

Car depuis quelques jours, mes amis, il fait chaud. Pas la chaleur timide et hésitante d’un mois d’avril qui ne sait pas encore très bien ce qu’il veut. Non. Une vraie chaleur franche, honnête, généreuse — la chaleur qui sent la garrigue, qui fait chanter les pierres, qui vous convainc dès le matin que la vie est, somme toute, une affaire plutôt bien arrangée.

Moi, je me lève à neuf heures. Je dis ça sans honte aucune — il y a des principes auxquels on ne déroge pas. Six, sept heures de sommeil, pas une de moins, pas une de trop. C’est ainsi, et celui qui n’est pas content peut toujours se lever à six heures s’il y tient, mais qu’il ne compte pas sur ma sympathie.

Et alors — ah, alors — j’appuie sur le bouton des volets électriques. Ces volets-là, je leur ai voué une reconnaissance éternelle. D’une simple pression du pouce, ils s’ouvrent, ils montent, et d’un seul coup, le soleil entre dans la chambre avec l’enthousiasme d’un ami de longue date qu’on n’attendait plus. Il inonde tout. Les draps, les murs, le parquet. Et quelque chose, là, dans la poitrine — une espèce de contentement tranquille, profond, qui n’a pas besoin de grandes explications — se met en place pour toute la journée. Comme un décor planté d’un seul geste. Comme une promesse tenue.

Restait ensuite la question de la tenue vestimentaire, qui en été n’est plus vraiment une question. Un t-shirt. Un short. L’affaire est réglée en quarante secondes montre en main, sans tergiversation, sans ce long ballet automnal devant l’armoire ouverte où l’on se demande si le pull suffira, si la veste est de trop, si les nuages annoncés pour l’après-midi méritent qu’on emporte un imperméable qu’on finira de toute façon par perdre quelque part. En été, non. En été, on s’habille comme on pense : simplement, légèrement, avec cette belle économie de moyens qui est le propre des gens heureux.

Et puis rester chez soi n’est plus une résignation — c’est un choix. Un choix de roi, même. La lumière qui joue sur les murs, la chaleur douce qui entre par la fenêtre entrouverte, le silence de midi qui pèse juste ce qu’il faut : que voulez-vous aller chercher dehors que vous n’ayez déjà là ?

L’été, voyez-vous, c’est la seule saison qui ne vous demande rien. Elle vous offre tout — le soleil, la simplicité, la paresse heureuse — sans contrepartie. On ne peut qu’aimer ça. Moi, en tout cas, j’adore. Et si le calendrier croit pouvoir me convaincre qu’il ne commence que dans deux mois, grand bien lui fasse. Dehors, les cigales, elles, n’ont pas lu le calendrier. Et elles ont bien raison.

🇬🇧

Summer: Uninvited, beloved, already here

Two months early and zero apologies. Classic summer.

Technically — and I say this as someone who has checked a calendar more than once this week — summer is still two months away. The calendar insists on it. June 21st, it says, with all the authority of an institution that has never felt a warm breeze through an open shutter. Nature, apparently, did not get the memo.

For the past few days, the temperature has been doing its very best impression of July: bright, bold, and entirely too confident for April. And you know what? Nobody is complaining.

My morning routine has been nothing short of cinematic. I surface gently from sleep at 9 am — not a minute earlier, not a minute later, because some things in life must be non-negotiable — after a civilised six or seven hours of rest. I press the button for the electric shutters, those magnificent little miracles of modern living, and the room floods instantly with the kind of sunshine that makes you feel the universe is, at least for the moment, broadly on your side.

It is, I must confess, an extraordinary mood-setter. There is something almost alchemical about it: sunshine in, grumpiness out, optimism up, coffee tasting better. Science probably has a name for it. I simply call it working as intended.

Then comes the crowning glory of summer living: getting dressed. Or rather, barely getting dressed, which is an entirely different and superior experience. A t-shirt. A pair of shorts. Done. The whole operation takes approximately forty seconds and involves none of the existential decision-making that comes with autumn layers, winter coats, or the eternal dilemma of whether one jumper is enough or if a second is needed just in case. In summer, the answer is always the same: t-shirt, shorts, out the door. Or in my case, t-shirt, shorts, stay comfortably at home — which, it turns out, is even better.

There is a school of thought that holds summer is overrated — too hot, too bright, too much. These people are wrong, and I say that with great warmth (no pun intended). Summer is easy, summer is joyful, summer strips everything back to what actually matters: light, warmth, and the blissful absence of socks.

The calendar may disagree. The calendar can wait.


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