Turning the page

🇬🇧

This morning I performed what can only be described as a last rites ceremony on four plastic wheels: one final lap of honour with the Méhari.

I eased her out of the garage with the delicacy of a surgeon — or a bomb disposal expert, depending on the day. And then, miracle of miracles: she started first time. As if she knew. As if, sensing the imminence of our separation, she had decided to show what she was made of one last time. Fortyseven years of temperament, and today of all days she chooses to behave. Thank you, dear Méhari. Exquisite timing.

The buyer — soon-to-be new owner, soon-to-be new guinea pig — is expected within the hour. The bank transfer has already landed, which in any automotive transaction represents the precise moment one transitions from seller riddled with doubt to seller of supernatural serenity. All that remains is a few signatures and the customary parting wisdom: the choke, her feelings about damp weather, and why you should never, under any circumstances, rely on her for anything that actually matters.

I would be lying if I claimed to watch her leave without a pang. Let’s call it the kind of pang one feels when sending a difficult child off to a new family: genuine sadness, yes, but also a quiet relief one would never admit to in polite company.

Fortunately, tomorrow morning marks the departure for the long Le Mans 24 Hours weekend — because when you sell a mythical car, the finest therapy available is watching other people’s go round in circles at 340 km/h. Life, it must be said, has a gift for knowing exactly how to console its children.

🇫🇷

Une page se tourne

Ce matin, j’ai accompli ce qui s’apparente à un dernier rite funèbre sur quatre roues en plastique : un ultime tour de propriétaire avec la Méhari.

Je l’ai extraite du garage avec la délicatesse d’un chirurgien — ou d’un démineur, selon les jours. Et là, miracle des miracles : elle a démarré au quart de tour. Comme si elle le savait. Comme si, sentant l’imminence de la séparation, elle avait décidé de montrer ce qu’elle avait dans le ventre une dernière fois. Quarantesept ans de caprices, et c’est aujourd’hui qu’elle choisit d’être coopérative. Merci, chère Méhari. Timing impeccable.

L’acheteur — bientôt nouveau propriétaire, nouveau cobaye — est attendu d’ici une heure. Le virement est déjà sur le compte, ce qui dans toute transaction automobile représente le moment où l’on passe subitement du statut de vendeur plein de doutes à celui de vendeur parfaitement serein. Il ne restera plus qu’à signer quelques papiers et à lui prodiguer les derniers conseils d’usage : le choke, les caprices du temps humide, et pourquoi il ne faut jamais, au grand jamais, compter sur elle un jour de rendez-vous important.

Je mentirais en disant que je la verrai partir sans pincement au cœur. Disons que c’est le genre de pincement qu’on ressent quand on envoie un enfant difficile dans une nouvelle famille : de la tristesse, certes, mais aussi un soulagement discret qu’on n’avouera à personne.

Heureusement, demain matin c’est le départ pour le long week-end des 24h du Mans — parce que quand on vend une voiture mythique, la meilleure thérapie reste d’aller en regarder d’autres tourner à 340 km/h. La vie, décidément, sait comment consoler ses enfants.


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