Douze jours à 35°C et on appelle SOS détresse

🇫🇷

Douze jours. Douze. Journées. À trente-cinq degrés. Certains n’ont même pas survécu à l’apéro sur la terrasse sans invoquer le réchauffement climatique, leur mutuelle et le nom de leur cardiologue dans la même phrase.

Pendant ce temps, sur BFM, un monsieur en costume nous explique avec la voix grave qu’on utilise pour annoncer une guerre que “ces températures ne sont pas normales”. Merci Jean-Michel, on avait remarqué, on transpire depuis le petit-déjeuner.

Alors j’ai fait ce que personne ne fait plus en France : j’ai regardé ailleurs. Littéralement, sur une carte.

À Koweït City, on vit avec une moyenne de 37-38°C, jour ET nuit, du mois de juin au mois de septembre. Pas un pic. Une moyenne. Quatre mois. Les nuits ne descendent quasiment jamais sous les 30°C — pas de répit, pas de petite fraîcheur à 4h du matin pour se rendormir en paix. Rien.

À Doha, à Dubaï, à Ahvaz, c’est le même refrain, avec en prime l’humidité du Golfe qui transforme l’air en soupe. À Djibouti, on cumule 34°C de moyenne ET l’humidité de la mer Rouge. Les gens y travaillent, y élèvent des enfants, y vont au marché. Ils ne passent pas le JT à pleurer devant un ventilateur.

Nous, en France, on culmine à 35-40°C en pointe, sur quelques jours, avec climatisation dans un appartement sur trois, une baguette fraîche tous les matins et Canal+ pour se plaindre confortablement. Et c’est la fin du monde.

On a inventé un mot pour ça — l’éco-anxiété — pour ne pas avoir à dire le mot qui convient vraiment : on est devenus mous. On a un siècle de confort dans les jambes et on a perdu, collectivement, la capacité de simplement… avoir chaud. De boire de l’eau. De fermer les volets. De ne pas allumer la télé.

Nos grands-parents faisaient les foins en plein août sans climatisation ni notification “alerte canicule” sur leur téléphone. On n’est pas plus fragiles biologiquement qu’eux. On s’est juste beaucoup mieux équipés pour se convaincre qu’on l’est.

Alors non, la France ne va pas fondre. On va juste devoir, l’espace de deux semaines, se comporter comme les huit cents millions d’humains qui vivent avec ces températures toute l’année : boire de l’eau, rester à l’ombre aux heures chaudes, et éteindre la télévision.

Surtout la télévision.

🇬🇧

Twelve days at 95°F and everyone’s calling their therapist

Twelve days. Twelve. Whole days. At 95°F. Some people couldn’t even survive an aperitif on the terrace without invoking climate change, their health insurance, and their cardiologist’s name in the same sentence.

Meanwhile on the news, a man in a suit explains to us, in the grave voice usually reserved for announcing war, that “these temperatures are not normal.” Thanks, Jean-Michel, we noticed, we’ve been sweating since breakfast.

So I did something nobody does in France anymore: I looked elsewhere. Literally, on a map.

In Kuwait City, people live with an average of 37-38°C (99-100°F), day AND night, from June through September. Not a peak. An average. Four months. The nights almost never drop below 30°C (86°F) — no relief, no little pocket of coolness at 4am to fall back asleep in peace. Nothing.

Doha, Dubai, Ahvaz — same story, with the added bonus of Gulf humidity turning the air into soup. Djibouti stacks a 34°C (93°F) average with Red Sea humidity on top. People there work, raise children, go to the market. They don’t spend the evening news crying in front of a fan.

We, in France, peak at 95-104°F for a few days, with air conditioning in one apartment out of three, fresh bread every morning, and cable news to complain comfortably in front of. And it’s the end of the world.

We invented a word for it — eco-anxiety — so we wouldn’t have to say the word that actually fits: we’ve gone soft. We’ve got a century of comfort behind us and we’ve collectively lost the ability to simply… be hot. Drink water. Close the shutters. Turn off the TV.

Our grandparents did the haymaking in full August sun with no air conditioning and no “heatwave alert” notification on their phone. We’re not more biologically fragile than they were. We’ve just gotten a lot better equipped at convincing ourselves that we are.

So no, France is not going to melt. For two weeks, we’re just going to have to act like the eight hundred million humans who live with these temperatures year-round: drink water, stay in the shade during peak hours, and turn off the television.

Especially the television.


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2 Responses to Douze jours à 35°C et on appelle SOS détresse

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  2. Axel's avatar Axel says:

    Bei uns ist es noch ausgeprägter, 2 Tage, nicht aufeinander folgend, über 35° in einer Woche und alle jammern den Weltuntergang herbei…..

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