The week that was – 32/2025

🇬🇧

Quiet… Too quiet?

As planned, it was a quiet week. Some say too quiet. Those people are probably adrenaline junkies who can’t survive without bungee jumping before breakfast. Personally, I found it exactly what the doctor ordered—if the doctor were a fan of long lunches and minimal movement.

The week began with a delightful lunch at Laura & Charlie’s. The food? Excellent. The company? Even better. The Bourbon? Oh, the Bourbon. I gazed at Charlie’s fine bottles with the longing eyes of a cat staring through a fishmonger’s window. But I’m still on the wagon—seven weeks now, not a drop—and to my surprise, it feels entirely normal. (Someone please reassure me this isn’t permanent.)

Meanwhile, in the Sky…

The tranquility was occasionally interrupted by the largest forest fire in France in 70 years—just a few kilometres away. Not exactly the kind of excitement you hope for, but if you’re a fan of aerial displays, the firefighting planes put on quite the show. Catalinas, Dash 800s, and other sky heroes swooped in, using our local airport (CCF) as their pit stop. I tracked them obsessively on FlightRadar, which is as close as I’ll ever get to being an air traffic controller. Hats off to the pilots and ground crews—real-life Top Gun stuff, minus the soundtrack.

Thankfully, the fire is now under control, the air no longer smells of a giant campfire, and the Tramontane wind has gone back to its usual business: blowing southeast and rearranging hairdos across the region.

Heat, Pool, and… Digital Disaster

“La canicule” (heatwave) arrived right on schedule. I took refuge in the pool a couple of times, then retreated indoors where the air conditioning worked harder than a politician before an election.

This naturally led to more computer time, which led to… let’s call it a digital misadventure. I proudly acquired a new domain—**www.sauvageraie.com**—named after my childhood home near Paris. My grand vision: create a page that might one day generate income (details: TBD).

The bad news? In the process, I managed to delete my entire main blog at www.sauvaget.de. Yes, the whole thing. It was like accidentally throwing your entire house into a shredder while dusting the shelves. I’m now rebuilding it from scratch, which is time-consuming but not impossible, thanks to backups of other blogposts. Still… I am mildly annoyed with myself. And by “mildly” I mean extremely.

Mountains, Lakes, and Wrong Beaches

Today, we escaped to the Pyrenees for a little tour. Destination: Lac de Montbel. Lunch was pleasant, but the post-lunch beach plan didn’t quite happen—we either missed the right spot entirely or decided the heat would cook us alive. Instead, we meandered along gorgeous mountain roads through Camon (officially one of the “Best Villages in France”) and medieval Montolieu, before winding home via charming back roads.

Verdict: Not a bad week at all. Quiet, yes. But if life were always this quiet, I could get used to it—just as long as I stop accidentally deleting entire websites.



🇫🇷

La semaine qui fut – 32/2025

Oh fan de chichourle, quel calme!

Oh peuchère, comme prévu, semaine tranquille… mais alors tranquille de chez tranquille. Y’en a qui disent : « Oh fan, mais on s’ennuie ! » Eh ben moi non, j’me suis régalé. Des fois, faut savoir lever le pied, sinon tu finis plus vite cramé qu’un poisson oublié au barbecue.

Lundi, on s’est fait un resto chez Laura & Charlie. Oh là là, le repas… un régal digne d’un dimanche à la Bonne Mère. Charlie, il avait sorti ses Bourbons de compétition, mais moi, j’suis toujours à l’eau plate, sept semaines que je touche plus une goutte. Même que ça devient normal… c’est ça qui m’inquiète !

Pendant ce temps-là, le ciel jouait les pompiers

Et là, le gros show : le plus grand incendie depuis 70 ans en France, à deux pas de chez nous. Pas bon pour la sieste, mais alors pour les yeux, oh fan, c’était quelque chose !

Les Canadair, les Dash 800, et toute la bande faisaient des allers-retours comme des mouettes quand elles voient un banc de sardines. Ils venaient se ravitailler à notre aéroport CCF. Moi, sur FlightRadar, je suivais ça comme un derby OM–PSG. Les pilotes, les gars au sol… des héros, je vous le dis.

Et là, bonne nouvelle : le feu est maîtrisé, on sent plus la fumée, et le Tramontane a repris son service habituel — décoiffer tout le quartier sud-est.

La canicule, la piscine… et le drame du fada

La canicule a débarqué comme prévu. Deux plongeons dans la piscine, puis hop, je me planque dans la maison, clim à fond, histoire de pas finir à point comme une daube.

Et là, j’me dis : « Allez, un peu d’ordi, ça va m’occuper. » J’achète fièrement un nouveau domaine — www.sauvageraie.com — en hommage à la maison de mon enfance. J’me voyais déjà millionnaire, peuchère !

Sauf que… oh misère… dans la foulée, j’efface tout le contenu de mon blog principal www.sauvaget.de. Plus rien, nada, le désert ! Comme si j’avais balancé ma bibliothèque dans le Vieux Port. Résultat : je recommence tout à zéro. Oh, je m’en veux… mais alors je m’en veux !

Virée dans les montagnes

Aujourd’hui, direction les Pyrénées. Objectif : Lac de Montbel. On mange, on cherche la plage… et on trouve rien. Ou alors on l’a trouvée, mais vu la chaleur, on aurait fini plus grillés qu’un poulpe à la plancha.

Alors, on a roulé dans l’Ariège, traversé Camon (un des plus beaux villages de France), puis Montolieu, la médiévale. Retour par les petites routes, avec la clim de la voiture qui bosse plus que moi toute la semaine.

Bilan : semaine peinarde, mais pas triste. Et si je pouvais arrêter de jouer les fada avec mes sites web, ce serait parfait.


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Μασσαλία / Massalia

🇫🇷

Tous les chemins mènent à Marseille, oh fan de chichourle ! Bon, c’est vrai, je suis né à Paris, dans un quartier bien propret du 8ᵉ… mais ça, mon ami, c’est juste pour la carte d’identité. En vrai, j’ai toujours eu Marseille dans le sang ! Mes parents habitaient à Montmartre, en face de la vigne, mais la moitié de l’année, on la passait dans le Midi. Et pourquoi ? Parce que du côté de ma mère, peuchère, y a de l’accent qui coule dans mes veines !

J’étais qu’un pitchoun, trop petit pour tout me rappeler, mais j’ai des images qui me reviennent, claires comme l’eau de la Calanque. En général, maman, mes frères et moi, on prenait le train à la gare de Lyon, direction Marseille. Pas n’importe lequel, attention : le Mistral ! Première classe, s’il vous plaît ! Ah… ce train-là, c’était le rêve : fauteuils moelleux, wagons-lits… Le voyage de nuit, c’était magique. Même aujourd’hui, quand je trouve pas le sommeil, je ferme les yeux et je me revois dedans, tranquille, en route vers le soleil.

Et quand on arrivait… ah ! Marseille ! On descendait au grand hôtel de Noailles, pas loin du Vieux-Port. Et surtout, à deux pas de la rue Fongate, là où ma grand-mère Alphonsine tenait la baraque. Alphonsine… rien que le nom, j’entends sa voix : “Allez, mon petit, viens donc goûter !” et je sens l’odeur du café qui embaume toute la cuisine.

Chez Alphonsine, c’était tout un monde. La porte était toujours ouverte — “On sait jamais, des fois qu’un voisin passe dire bonjour !” — et dans l’entrée, y avait cette odeur mêlée de lavande et de gratin qui sort du four. Le matin, elle me réveillait pas avec un “Debout !” sec comme à Paris, non… elle venait doucement, posait la main sur mon épaule et me chuchotait :
— Allez pitchoun, le soleil t’attend, et j’ai fait chauffer le lait.

Après le petit-déj, on descendait souvent au marché du Cours Julien. Là, c’était le carnaval tous les jours : des tomates rouges comme des coquelicots, des melons qui embaumaient à dix mètres, et les marchands qui s’engueulaient pour rigoler. J’adorais ça. Et puis, y avait toujours quelqu’un pour me filer un morceau de fougasse en douce.

L’après-midi, si on n’allait pas voir la mer, on traînait du côté du Vieux-Port. Mon grand jeu, c’était de compter les bateaux, mais je perdais vite le fil parce qu’il y avait toujours un marin pour m’embarquer dans une histoire de pêche miraculeuse ou de tempête qui avait failli les envoyer “tout droit chez les poissons”.

Et puis, le soir, retour chez Alphonsine. Là, le pastis pour les grands, le sirop ou l’Antésite Réglisse Anis pour moi, et les discussions qui partaient dans tous les sens. “Tu te rappelles, la cousine de la tante du frère de…”, et tout le monde riait, même si personne savait vraiment de qui on parlait.

Les journées, peuchère, c’était un vrai marathon familial ! On passait voir une ribambelle d’oncles, de tantes, de cousins, de cousines… J’connaissais les rues comme ma poche : le Prado, bien sûr, et la route le long de la mer jusqu’à la Pointe Rouge. C’est là qu’on allait chez tonton Maurice et tatie Mimi, avec leur fils Guy, qui en plus était mon parrain.

La maison de tonton ? À deux pas de la mer, mon ami. Une route à traverser et hop, les pieds dans le sable. Alors forcément, on en profitait pour passer des après-midi entiers à la plage, sous le soleil qui tape et les cigales qui crient.

Mais parlons un peu de tonton Maurice… Ah, tonton Maurice ! Un vrai de vrai Marseillais, avec l’accent qui roule et les phrases où tu comprends la moitié — et encore, quand il parlait pas trop vite. Un caractère bien trempé, mais le cœur gros comme ça. Faut dire qu’il était commissaire de police à Marseille. Du coup, il connaissait tout le monde.

Et puis, c’était un bricoleur de première catégorie. Le pastis ? Il le faisait lui-même. Le vinaigre ? Pareil. Et la mécanique… alors là, laisse tomber ! Un jour, je l’ai vu démonter une Dauphine Gordini, pièce par pièce, jusqu’au dernier boulon, et la remonter nickel, mieux que sortie d’usine. C’était pour mon cousin Guy, d’ailleurs. Plus tard, on a fait ensemble le voyage de Paris à Marseille dans cette voiture-là, et je peux te dire qu’elle filait droit !

Et ce n’était pas la seule qu’il bichonnait. Sa voiture à lui, c’était une DS Citroën noire, avec des bandes blanches sur les bas-côtés et sur le toit. Je suppose qu’il s’était inspiré des voitures de police… ou alors, juste pour le style, va savoir.

À la Pointe Rouge, ça commençait toujours pareil : tonton Maurice lançait, en claquant la portière de la DS :
— Allez, les pitchouns, dépêchez-vous, le soleil, lui, il nous attend pas !

On traversait la route en vitesse, serviettes sous le bras, et déjà l’odeur du sel et de la crème solaire venait nous chatouiller le nez. Le sable nous brûlait les pieds, mais on s’en fichait : deux pas de plus et c’était l’eau fraîche qui nous accueillait.

— Oh fan de chichourle, elle est bonne aujourd’hui ! lançait tatie Mimi, déjà jusqu’aux genoux.

Nous, les gosses, on passait des heures à plonger, à nager jusqu’aux bouées, à faire des concours pour savoir qui ramènerait le plus beau coquillage. Pendant ce temps, tonton Maurice, lui, restait sous son parasol à jouer les surveillants de plage avec son chapeau de paille et ses lunettes noires. De temps en temps, il levait la voix :
— Oh, pas trop loin ! Et fais gaffe aux vagues, elles rigolent pas, elles !

Vers midi, l’odeur des pan bagnats sortis de la glacière commençait à attirer tout le monde. On s’asseyait en cercle sur nos serviettes, le jus des tomates coulait sur nos doigts, et le pain, trempé d’huile d’olive, craquait sous la dent. Tatie Mimi sortait aussi des abricots bien mûrs et des figues cueillies le matin même.

Après le repas, certains faisaient la sieste, bercés par le bruit des vagues et des cigales. Moi, j’aimais rester assis à côté de tonton, à écouter ses histoires de commissaire : des enquêtes rocambolesques, des arrestations à la Pagnol, et toujours cette façon de raconter où tu savais pas s’il exagérait… ou si tout était vrai.

Au bout du Prado, juste avant de sentir l’odeur de la mer, sur la gauche, y avait le parc Borély. On s’y arrêtait souvent… pour être franc, presque tous les jours. Le but ? Faire quelques tours de sulky à pédales. Ah, les sulkys… c’était toute une aventure !

Je me rappelle encore du monsieur qui les louait. Il avait une jambe de bois, toute lisse, comme un manche à balai géant, avec un embout en caoutchouc. Rien que de la voir, ça me donnait des frissons… J’en ai même fait des cauchemars. Pendant qu’on pédalait comme des fous, en essayant d’éviter les passants mais surtout les joueurs de pétanque — qui nous regardaient d’un sale œil, peuchère, comme si on allait leur écraser le cochonnet — je gardais toujours un œil sur maman.

Elle, elle discutait tranquillement avec le monsieur à la jambe de bois. J’étais persuadé qu’ils se connaissaient depuis longtemps. Et j’avais raison… mais je ne l’ai appris que des années plus tard. Maman m’a raconté qu’ils s’étaient rencontrés à l’hôpital, à l’époque où tous les deux souffraient de la polio. Pas facile d’en parler… Elle a même passé pas mal de temps dans un poumon d’acier. Heureusement, tout s’est bien terminé.

Et puis, il faut dire qu’à Marseille, maman était chez elle. Ça se voyait dans son sourire, dans sa façon de parler aux gens, et dans l’accent qui revenait tout seul, comme une vieille chanson qu’on n’oublie jamais.

En fin d’après-midi, quand le soleil commençait à descendre derrière Notre-Dame de la Garde et que la chaleur se faisait moins lourde, on rentrait doucement vers le centre. Parfois, on faisait un détour par le Vieux-Port. Ah… le Vieux-Port le soir, c’était un autre monde.

Les pêcheurs revenaient avec leurs bateaux, les filets encore pleins d’odeurs de mer et de poisson frais. Sur les quais, on entendait les mouettes se chamailler pour quelques restes, pendant que les enfants couraient partout. L’air était rempli de bruits : les cordages qui grinçaient, les voix qui se lançaient des “Oh, tu viens boire un canon ou quoi ?”, et au loin, l’accordéon d’un musicien ambulant.

Les terrasses commençaient à se remplir. Les verres de pastis brillaient sous la lumière orangée, et l’odeur des grillades — sardines, merguez, un peu de tout — se mélangeait à celle de l’iode. On s’asseyait souvent à une petite table, juste pour regarder passer le monde. Maman saluait toujours quelqu’un, un ancien voisin, un copain d’école ou un cousin oublié. Marseille, c’est comme ça : tout le monde connaît tout le monde… ou connaît quelqu’un qui te connaît.

Quand la nuit tombait, le port s’illuminait et l’eau se couvrait de reflets dorés. On rentrait à pied, en longeant les rues encore animées. Moi, j’avais la tête pleine d’images, l’odeur de la mer dans les narines, et la sensation d’être à ma place.

Au bout de quelques semaines, papa nous rejoignait de Paris avec sa voiture. Bourguignon d’origine, il avait pourtant passé sa jeunesse à Marseille et même fait ses études jusqu’à HEC au lycée Saint-Charles. Lui aussi, peuchère, connaissait un monde fou. Alors, en famille, on passait d’un restaurant à l’autre : aux Goudes, à la Madrague, à l’Escalette… Chaque sortie était un festin, avec la mer en toile de fond et le bruit des vagues qui venait se mêler aux discussions.

Le week-end, avec la voiture, on s’échappait souvent vers Cuges-les-Pins. Là-bas, tonton Maurice avait une vigne qui demandait pas mal d’attention, mais surtout… des pêchers. Et devine à qui revenait l’honneur de les cueillir ? À nous, les enfants, bien sûr ! On en mangeait tellement que, forcément, ça finissait par nous tordre un peu l’estomac. Mais sur le moment, on s’en fichait bien : les fruits étaient sucrés, juteux, et goûtaient le soleil.

Le soir, si on ne rentrait pas à Marseille, on allait à Cassis chez l’oncle Fernand. Ce dont je me souviens le plus, ce sont les bouteilles de vin que tonton Maurice apportait : sans étiquette, d’un rouge si foncé qu’on aurait dit de l’encre. On avait le droit d’y goûter… avec beaucoup d’eau, évidemment.

Ces soirées-là étaient fantastiques : les adultes riaient, discutaient fort, et nous, on écoutait en cachette leurs histoires, bercés par le parfum de la vigne et de la mer. Puis, sur le chemin du retour, on s’endormait sur la banquette arrière de la DS, bercés par le ronron du moteur et les virages de la route qui descendait vers Marseille.

Voilà comment commençaient nos étés. Après quelques semaines passées à Marseille, on prenait la route vers Juan-les-Pins, où notre maison de vacances nous attendait. Et là, c’était la fête quand tonton Maurice débarquait pour le week-end, souvent accompagné de tonton Fernand, de tonton André et de quelques autres joyeux lurons.

On passait des journées entières à se balader dans les collines. Tonton Maurice nous racontait ses histoires de chasse, et même comment attraper des oiseaux à la glu — une pratique cruelle, mais qui existe toujours. Moi, j’apprenais plein de choses en marchant avec eux dans les bois : reconnaître les traces d’animaux, savoir où trouver de l’eau, et surtout garder les yeux ouverts.

Quand venait la saison des champignons, il fallait se lever à l’aube, partir avant que le soleil chauffe, et marcher des heures. Plus tard dans ma vie, j’ai retrouvé ce plaisir à Manosque, chez mon cousin Gérard, le fils de tonton André. Il avait une superbe propriété, avec des champs de tomates qui sentaient l’été, et des bois à perte de vue. On partait chercher des champignons comme avant, et on se souvenait ensemble de Marseille, de Cuges, de Cassis, de Juan-les-Pins… de nos jeunes années.

Et puis… il y avait Jocelyne, sa femme. J’en étais un peu amoureux, je l’avoue. Aujourd’hui, Gérard n’est plus là, et Jocelyne vit au Brésil. Rien que d’écrire ces lignes, d’ailleurs, ça me ramène d’autres souvenirs… comme ma première fois sur l’île du Levant, et ma découverte d’un camp de naturistes. Mais ça… ah, ça, c’est une histoire pour un autre jour.

Marseille tu me manques


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Pardi, qu’es aquò ?!

🇬🇧

This post is only available in French, because honestly, I don’t think it can be translated — it’s basically one big play on words with a baguette in hand.

🇫🇷

L’autre jour, voilà que notre chère amie anglaise Julia – une vraie lady, le chapeau plus grand que l’ombre qu’il fait, les lunettes de star et le sourire en coin – vient passer quelques jours chez nous, dans notre belle Occitanie.

Et v’là qu’un matin, entre deux tartines et un peu de confiture de figue, elle me lance :

« Do you know zis apéritif I discovered? It’s called Pardi! »

Là, je manque de m’étouffer avec mon café ! Un apéritif qui s’appelle Pardi ?

Mais enfin ! Moi qui croyais connaître tous les apéros du Midi, du pastis de l’oncle Fernand au rosé de la cousine Mireille… Celui-là, jamais entendu parler.

Mais d’un coup, ça m’a fait tilt dans la caboche ! Je me suis retrouvé projeté à Marseille, quand j’étais pitchoun. Le vieux quartier, les volets bleus, les boulistes qui râlent, et ce mot qui sortait à toutes les sauces :

– Tu viens manger ?

– Pardi !

– Il fait un cagnard aujourd’hui !

– Pardi !

– Tu veux un petit jaune ?

– Pardi, tu poses la question !

Ce même soir – et là, attention le coup du destin – je tombe à la télé sur La Gloire de mon Père. Le film, le vrai, avec des cigales dans le fond et des pantalons à bretelles. Et qu’est-ce que j’entends tout du long ? Des « Pardi » à la pelle ! On aurait dit que Pagnol m’avait entendu depuis là-haut, depuis son petit nuage avec vue sur les collines d’Aubagne.

Et c’est là que ça m’a frappé ! Tu te rappelles de la série Les Cinq Dernières Minutes ? À la fin, le flic il se tapait la tête comme s’il avait trouvé la recette du bonheur et il disait :

« Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr ! »

Eh bien, moi je te le dis : s’ils avaient tourné ça chez nous, à Marseille ou dans n’importe quel village entre le thym et les oliviers, il aurait dit :

« Bonne Mère ! Mais c’est… Pardi ! »

Avoue que ça sonne mieux. On l’imagine, le commissaire moustachu, en train de remonter ses bretelles, un verre de pastaga à la main :

« La vérité, elle était là depuis le début… Pardi ! »

Alors Julia, si tu me lis, sache que tu n’as pas découvert qu’un apéro. Non. Tu as réveillé tout un pan de mon enfance. Et ça, c’est pas rien.

Allez, à ta santé, et comme on dit chez nous : Merci… et Pardi !

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De feu, d’avions et de plumes

🇫🇷

Aujourd’hui, c’est un drôle de jour. Pas un jour comme les autres. Un jour où le soleil tape comme s’il voulait tout cramer — et il faut croire qu’il a réussi : à quelques kilomètres d’ici, un feu gigantesque ravage les collines depuis hier.

Toute la journée, j’ai vu passer des avions de lutte contre l’incendie. Ils descendent du ciel comme de gros moustiques en colère, atterrissent à Carcassonne, notre petit aéroport de CCF, font le plein de carburant, remplissent leur ventre d’eau, et repartent aussitôt affronter le brasier. Je les ai suivis à la trace grâce à Flight Radar — c’est fascinant, presque chorégraphique, leur ballet entre ciel et terre.

On dit qu’une enquête a été ouverte. Peut-être qu’un jour, on saura d’où c’est parti, mais franchement… même si on apprend que c’est un mégot, un barbecue, ou une étincelle d’on-ne-sait-où, ça ne rendra pas les maisons, ni les souvenirs perdus, ni les arbres centenaires. Et ça ne soulagera pas ceux qui ont tout perdu.

On avait prévu une petite virée à la mer demain — un bain, un pastis et une assiette de tellines — mais vu l’état des routes, on a renoncé. Entre les fermetures, les bouchons et l’odeur de fumée, on a préféré rester à l’écart. On regarde vers le nord maintenant, peut-être du côté de la Montagne Noire, là où il fait un peu moins chaud et où les cigales ne sont pas encore syndiquées.

Pour m’occuper, j’ai mis à exécution un projet que je gardais pour l’hiver : transformer mon vieux iMac 27” en serveur. Il dormait sous les toits, dans mon antre : là où cohabitent ma chaîne hi-fi, mon immense télé, ma PlayStation, un simulateur de conduite, un bureau et un lit double pour les siestes stratégiques. Bref, mon petit paradis technologique.

Allumer la bête fut une épreuve digne de Fort Boyard : il a fallu retrouver le mot de passe (déjà), puis se rappeler que le clavier d’origine était en QWERTY — et non pas l’AZERTY bien de chez nous. Il m’a fallu un moment pour remettre tout ça en ordre, mais j’ai fini par triompher.

Cherchant un bout de papier pour noter deux ou trois idées lumineuses, je suis tombé sur un cahier flambant neuf… à petits carreaux Seyès ! Le choc ! Ce bon vieux quadrillage bleu que j’ai utilisé enfant, quand j’apprenais à faire des « b » fiers, des « y » qui descendent bien, et des « z » pas trop tordus. L’émotion m’a pris d’un coup. J’ai saisi un stylo plume de ma collection (j’ai oublié de dire que j’adore les stylos), et me suis mis à écrire quelques lignes, comme au bon vieux temps.

Franchement, à quoi bon taper ce texte au clavier ? Je devrais l’écrire à la main, à l’ancienne, et scanner le tout pour vous le montrer. Ça aurait plus de gueule, non ?

Mais j’entends déjà revenir les avions. Leur vrombissement est devenu la bande-son de cette journée. Je file voir les nouvelles… Pas sûr qu’elles soient bonnes.


🇬🇧

Of fires, flights and fountain pens

Today’s the kind of day that makes you feel like the world’s turned the thermostat up and lost the remote.

We’re baking under an apocalyptic sun here in Carcassonne, and just a few miles down the road, the heat has taken a terrifying turn. A massive fire has been raging since yesterday, and all day long, firefighting aircraft have been swooping into our local airport (CCF) like giant metallic pigeons—except much nobler and, thankfully, with fewer droppings.

I’ve been watching their every move via Flight Radar, like a digital plane-spotting geek with too much time on his hands and a deep appreciation for logistics. Their turnaround time is nothing short of miraculous—land, refill, refuel, and take off again in minutes, off to battle flames that seem to grow angrier by the hour.

Authorities have apparently opened an investigation into the fire’s cause. Will we ever know? Doubtful. And even if we do, it won’t undo the loss, damage, or heartbreak already inflicted. Sometimes knowing “why” doesn’t help; it just adds another page to the post-mortem file of tragedies we can’t fix.

We had planned a beach day tomorrow—sun, sea, and sand in the sandwiches—but with roads either closed or choked with the kind of traffic that makes you question your life choices, we’ve decided to cancel. No need to add our modest hatchback to the chaos. Instead, I’m scouting somewhere north—maybe the Montagne Noire—where the air might be cooler and the only smoke will come from someone overcooking their merguez.

In the meantime, I’ve taken refuge indoors and have finally tackled the project I had shelved for cooler months: converting my old 27” iMac into a home server. Why wait for frost when I can sweat and swear now?

This venerable iMac was stored in my upstairs lair—a cross between a teenage boy’s dream cave and a grown man’s mid-life tech sanctuary: stereo, giant TV, PlayStation, steering simulator, desk, and a double bed for emergency napping (also known as thinking horizontally).

Booting up the iMac was a mini-escape room puzzle in itself. First challenge: password. Second: remembering that it was set up on a QWERTY keyboard, and not the AZERTY one I now use. Much head-scratching ensued, but eventually, through sheer stubbornness and dumb luck, I cracked it.

Looking for a piece of paper to jot down server names or existential questions, I found a pristine notebook. To my surprise, it was Seyes ruled—that oh-so-French lined paper with its unique grid system, designed to tame the wildest of childhood penmanship. I hadn’t seen one in ages. Suddenly, I was transported back to primary school, trying to make my “b”s tall enough, my “y”s long enough, and my “z”s… well, vaguely recognisable.

Naturally, I did what any nostalgic adult with a mild fountain pen obsession would do: I grabbed a pen, sat down, and wrote out a few lines of cursive as if I were 8 again and Madame Lefebvre was judging me silently from across the classroom. It was oddly satisfying.

It’s actually quite absurd that I’m typing this out on a keyboard when a lovely Seyes page is staring at me like a neglected friend. I should be handwriting all this and scanning it in for that authentic “I’m quirky and analog” blog vibe.

But alas, the planes are back. I hear their engines approaching once more—a mechanical lullaby that reminds me the battle is far from over. Time to tune in to the news and hope for some good news for a change.

Back to my Main Blog – I do it my way

J2S

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Confessions of a diet Mojito monk

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As I sit poolside this Monday morning under a sun that clearly thinks it’s auditioning for the role of “Giant Cosmic Hairdryer,” one thing is clear: I need a drink. Not that kind of drink — don’t panic, I’m still riding the wagon like a champion rodeo cowboy — but rather my latest invention: a refreshing pint glass of lime juice, mint, ice, and fizzy water. I call it the Diet Mojito.

Yes, folks, today marks Day 37 of my heroic, self-imposed alcohol hiatus. That’s over five weeks of pure, sober living. No wine, no beer, not even a wistful sniff of a cork. I haven’t touched a drop. I haven’t even licked the condensation off someone else’s glass.

But last night, while watching a movie, a rugged lead actor poured himself a generous whisky and slumped down into a leather armchair by a roaring fireplace. For a split second, I was there with him. The crackling logs. The amber glow. The oaky temptation swirling in the glass… and then reality slapped me with a hot gust of air from the AC and reminded me: whisky is not a summer drink. Especially not when your thighs are stuck to the sofa and your shirt is trying to fuse with your back. I settled for a glass of water and a handful of indignation.

Now, let’s talk about the real drama: The Scale Betrayal. After several days of saint-like discipline — no booze, strict diet, and a truly Olympic-level dedication to not moving much — the scales had the audacity to show no change. Not even a pity half-kilo. I suspect my body is sulking. It knows something is missing, and it’s hoarding every gram of pasta I ever ate in 2011.

To make matters more comically tragic, we have a lunch out today. Cutlery that isn’t mine. I’m already mentally preparing myself to say, “Just a salad, no dressing, and a side of restraint, please.”

I’ve lost 5 kilos since I started this regime, which is great. But I still want to drop another 4. Sadly, it seems you can’t just diet lying down — apparently, movement is required. So yes, I’m drafting an exercise plan. It’s called Operation: Move at Least a Bit. The goal? A daily walk. Long-ish. Ideally in the evening, once the sun has finished its attempt to roast me like a Provençal chicken.

So there you have it. Day 37. No booze. No weight loss this week. No signs of madness… yet. Just a man, his minty mocktail, and a dream of fitting back into those pre-pandemic trousers without requiring a shoehorn and a prayer.

Wishing everyone a brilliant start to the week. Stay cool. Stay hydrated. And if you’re drinking anything stronger than fizzy lime water, do it quietly — I’m still fragile.

JJ, Diet Mojito Warrior 🥒🍋

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Mediterranean melodrama

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Or why TV weather reports are losing the plot

When I was a kid growing up in suburban western Paris, summer meant one thing: escape. And escape we did—to the south of France, like clockwork. First, of course, came the compulsory pit stop in Marseille to pay homage to my formidable grandmother and her battalion of siblings, cousins, and culinary commandments. Only then could we migrate eastward to the real prize: the sun-soaked beaches of Juan-les-Pins, and later, the breezy bliss of Cavalaire.

Back then, life was uncomplicated and deliciously hot. In my child’s mind, it was always hotter than today—despite what the climate change prophets are now shouting from every news segment. One didn’t need charts or panic-inducing graphics. You knew it was summer because the asphalt stuck to your flip-flops, and your ice cream had a half-life of twelve seconds.

There were certainties you could bank on.

• August 15th? Weather flip. Without fail.

• The Mistral? Oh, she came waltzing in at least twice a summer, tossing plastic chairs down the promenade like they were featherweights. Three days of gale-force gusts, sometimes longer, turning the calm blue sea into a frothing beast—and most notably, transforming your balmy 25°C swim into a bracing 17°C polar plunge.

We knew this. We expected this. No drama. No hysterics.

Fast forward to now. Apparently, the Mediterranean has turned “cold,” and the media has lost its collective mind. TV presenters breathlessly report on sea temperatures dropping like it’s a prequel to the apocalypse. “Holidaymakers in shock!” scream the headlines. “Tourism in jeopardy!” Cue dramatic music and cut to sunburned tourists wrapped in towels like survivors of a shipwreck.

I mean, really?

This isn’t news. This is summer in the south. It has always been this way. It’s not “a rare phenomenon” or “unexpected meteorological chaos”—it’s called the Mistral, folks. And it’s been doing its thing long before influencers with waterproof phones came to whinge about it.

Maybe we need a little less drama in the newsrooms and a little more perspective. There are actually important things going on in the world, and no, your slightly chilly dip doesn’t make the cut.

So here’s a thought: instead of manufacturing beachside catastrophes, how about we embrace the quirks of the season like we used to? Pack a light sweater, brace for the breeze, and remember—there’s always pastis.

🇫🇷

Mistral gagnant

ou le grand cirque médiatique de l’été

Quand j’étais gamin dans la banlieue ouest de Paris, l’été signifiait une seule chose : la grande transhumance vers le sud. Et pas question d’y couper !

D’abord, escale obligatoire à Marseille pour saluer ma grand-mère – matriarche en chef – et toute une ribambelle de tantes, oncles, cousins, cousines, et anecdotes familiales servies bien chaudes. Ensuite, direction la mer : Juan-les-Pins au début, puis Cavalaire dans les années suivantes.

C’était simple, c’était beau, c’était bougrement chaud. À mes yeux d’enfant, il faisait bien plus chaud qu’aujourd’hui, malgré ce qu’on nous répète à longueur de bulletins météo sur le dérèglement climatique.

Et puis, il y avait ces petites constantes de l’été méridional, immuables comme les cigales à l’heure de la sieste :

• À partir du 15 août ? Bascule météo garantie. Comme par magie.

• Le Mistral ? Fidèle au poste. Il débarquait deux fois pendant les vacances, soufflait trois jours, parfois plus, retournait les parasols, secouait les pins, et faisait tomber la température de la mer de 25°C à 17°C en un claquement de doigts.

C’était normal. Personne n’en faisait une tragédie grecque.

Et aujourd’hui ?

Une petite baisse de température dans la Méditerranée et voilà que les chaînes d’info s’emballent : “Phénomène étrange !”, “Vacanciers sous le choc !”, “Faut-il annuler les congés ?” — Calmez-vous les amis, c’est juste l’été dans le sud, pas un épisode de “Survivor Côte d’Azur”.

On dirait que plus personne ne se souvient que la mer Méditerranée n’est pas une piscine chauffée. Ni que le vent souffle parfois. Ni que c’est justement ça, le charme de nos étés : leur caractère, leurs caprices, et cette bise revigorante qui vous colle les cheveux sur le visage pendant que vous sirotez un rosé bien frais.

Alors chers présentateurs météo, arrêtez de faire trembler les vacanciers. Ce n’est pas la fin du monde, c’est juste le Mistral. Il revient tous les étés comme le pastis à 18h. On s’y fait. On l’aime, même. Il fait partie du décor.

Et vous savez quoi ? Tant mieux que l’eau soit fraîche. Ça réveille les idées. Y’en a qui en auraient bien besoin.

(Traduction pour les Marseillais)

Oh fan de chichourle, y fait un peu frais ? Ben oui, c’est le Mistral !

Quand j’étais pitchoun, qu’on vivait dans la banlieue ouest de Paris, l’été, c’était pas compliqué : direction le Midi. Et attention, pas en touriste hein ! On descendait voir la grand-mère à Marseille, l’armada familiale, les cousins qui parlaient fort, les repas à rallonge, la pastèque au frigo et les moustiques affamés.

Ensuite, cap sur les plages : Juan-les-Pins d’abord, puis Cavalaire plus tard. Là, on retrouvait les copains d’été, on s’inventait mille vies, et on crâmait joyeusement au soleil. Il faisait chaud. Très chaud. Même plus qu’aujourd’hui si tu veux mon avis, malgré tout le barouf qu’on nous fait avec le changement climatique.

Et y’avait des règles, comme au tiercé :
• Le 15 août ? Hop, le ciel se couvre, l’air fraîchit. Inratable.
• Et le Mistral, ah le Mistral ! Trois jours à t’arracher les oreilles, à renverser les parasols, à t’empêcher de dormir la fenêtre ouverte. Et la mer ? Elle devenait toute sombre, toute froide. Tu passais de 25°C à 17°C en deux brasses. Et tout le monde trouvait ça normal. C’était même un peu le folklore local.

Et là, en 2025, qu’est-ce qu’on voit ?
Des journalistes qui découvrent que la Méditerranée est froide et qui en font tout un fromage ! “Phénomène inquiétant”, “Plages désertées”, “Tourisme en danger”… oh fan de bouillabaisse, arrêtez un peu !

C’est pas nouveau. C’est l’été chez nous. On dirait que plus personne ne connaît le vent du pays. À croire qu’ils pensent qu’en Provence, le soleil brille non-stop et que l’eau doit rester à 26 degrés sinon on appelle les pompiers.

Allez, faut se ressaisir. Laissez le Mistral souffler, laissez la mer se rafraîchir, et allez prendre un verre de rosé à l’ombre d’un platane. Avec quelques olives, un peu d’aïoli et une bonne tranche de bon sens.

Et si l’eau est trop froide ? Ben on met juste les pieds. Et on râle… mais avec l’accent !

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The calm after the storm

🇬🇧

(Also known as grandkids going home)

July 2025 – Somewhere between nostalgic and shell-shocked

So. The whirlwind is nearly over. The house, which recently resembled a toy shop after a minor explosion, is about to fall eerily silent again. Yes, the grandkids—and their lovely, occasionally bleary-eyed parents—are flying back home tomorrow. I already miss them. Almost.

Let me be clear: I shall not miss the mysterious winging (read: whining) that seemed to erupt at random intervals and for reasons that made absolutely no sense to the adult mind. Hunger? No. Tiredness? Nein. A sibling looking in the general direction of one’s toy? Bingo!

But oh, how I shall miss the grins with jam-smeared cheeks, the spontaneous cuddles mid-cartoon, and the surprisingly diplomatic wrestling matches on the sofa (which, I suspect, was a sort of training ground for future UN negotiations). And the giggles! The house practically echoed with the sound of their joy—which, for the record, is far superior to any surround sound system.

One of the most delightful surprises? The conversations. Who knew that a five-year-old and a three-year-old could hold a trilingual chat with such flair? German, English, and now—thanks to moi—a dash of French. We’ve mastered counting up to dix, the all-important phrase “Vache qui rit,” and the occasional “Oh là là” when someone falls off a chair. I consider it cultural enrichment.

Of course, Christmas is the likely next rendezvous. By then, they’ll probably speak fluent emoji and know how to hack into my smart TV. Meanwhile, I shall recover with a large cup of tea, a book that doesn’t have pop-up dinosaurs, and the knowledge that my sofa may finally stop emitting suspicious crinkling sounds from hidden biscuits.

Until then, dear little tornadoes—merci, danke, and thank you for the chaos and the cuddles. 💙

P.S.: The fridge has been restocked with adult food, and no one has licked the remote in the last hour. Progress.



🇫🇷

Le calme après la tempête

(aussi connu sous le nom: les petits-enfants sont repartis)

Juillet 2025 – Entre nostalgie et soulagement silencieux

Eh bien voilà. La tornade touche à sa fin. La maison, qui ressemblait ces derniers jours à une succursale de JouéClub après un passage de cyclone, s’apprête à retrouver un silence presque suspect. Les petits-enfants – et leurs charmants parents à l’allure doucement épuisée – s’envolent demain. Et, soyons honnêtes, une petite partie de moi jubile à l’idée d’un brin de paix. Juste un brin.

Soyons clairs : je ne regretterai pas les gémissements surgissant sans logique apparente – du moins aucune que le cerveau adulte puisse comprendre. Faim ? Non. Fatigue ? Pas du tout. Frère ou sœur ayant osé regarder dans la direction d’un jouet sacré ? Ah, là oui, drame garanti.

Mais ce que je vais regretter profondément, ce sont les sourires pleins de confiture, les câlins improvisés en plein dessin animé, et les combats de canapé aussi bruyants que joyeusement pacifiques (je soupçonne qu’on forme là nos futurs diplomates internationaux). Sans parler de leurs éclats de rire ! Le salon résonnait comme une salle de concert miniature version bonheur pur.

Ce qui m’a le plus bluffé ? Les conversations. Incroyable mais vrai : à 5 et 3 ans, ils arrivent à tenir de véritables échanges… et en trois langues s’il vous plaît ! L’allemand, l’anglais, et maintenant un soupçon de français grâce à votre serviteur. On compte jusqu’à dix, on dit fièrement “Vache qui rit”, et on ponctue les chutes accidentelles d’un très parisien “Oh là là”. Éducation culturelle, check.

Prochaine étape ? Noël sans doute. À ce rythme, ils parleront couramment emoji et sauront reprogrammer ma box avant le réveillon. En attendant, je vais profiter d’un bon thé, d’un livre sans images ni dinosaures qui surgissent en relief, et d’un canapé qui, avec un peu de chance, ne crissera plus à cause d’un Petit Beurre oublié entre les coussins.

Alors mes petits ouragans, merci – danke – thank you pour le bazar, les bisous et tout le reste. 💙

P.S. : Le frigo a retrouvé une nourriture d’adulte, et personne n’a léché la télécommande depuis une heure. On progresse.

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🇪🇺 Unacceptable 🇪🇺

🇬🇧

I have lost all confidence in Ursula von der Leyen’s leadership as President of the European Commission. Her inability or unwillingness to stand up to figures like Donald Trump has undermined the EU’s credibility on the world stage. Rather than defending European values and interests with clarity and strength, she has chosen passivity and vague diplomacy.

More recently, her response to Israel’s unacceptable actions has been limited to hollow words, lacking any concrete steps or moral weight. In moments when firm leadership is needed, she offers only political theater.

I no longer feel represented by her, and as long as she remains in her position, I question whether I want to be part of an EU led in this way. Enough is enough—Europe deserves leadership that is principled, courageous, and truly representative of its citizens’ values.

🇫🇷

J’ai perdu toute confiance dans le leadership d’Ursula von der Leyen en tant que Présidente de la Commission européenne. Son incapacité — ou son refus — de s’opposer fermement à des figures comme Donald Trump a gravement affaibli la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Au lieu de défendre clairement et fermement les valeurs et les intérêts européens, elle a choisi la passivité et une diplomatie creuse.

Plus récemment, face aux agissements inacceptables d’Israël, sa réaction s’est limitée à des paroles sans portée réelle. Là où il faudrait une action concrète et un message moral fort, elle se contente d’un discours vide.

Je ne me sens plus représenté par elle. Tant qu’elle occupera cette fonction, je me demande sérieusement si je souhaite continuer à appartenir à une Union européenne dirigée de cette manière. Trop, c’est trop — l’Europe mérite une direction courageuse, intègre et véritablement représentative des valeurs de ses citoyens

🇩🇪

Ich habe jegliches Vertrauen in Ursula von der Leyen als Präsidentin der Europäischen Kommission verloren. Ihre Unfähigkeit – oder ihr Unwille – sich entschieden gegen Persönlichkeiten wie Donald Trump zu stellen, hat die Glaubwürdigkeit der EU auf internationaler Ebene massiv geschwächt. Anstatt europäische Werte und Interessen klar und entschlossen zu verteidigen, wählt sie Untätigkeit und inhaltsleere Diplomatie.

Auch in Bezug auf Israels inakzeptables Verhalten bleibt ihre Reaktion auf bedeutungslose Worte beschränkt. In Zeiten, in denen klares Handeln und moralische Standhaftigkeit gefragt wären, liefert sie nur politische Rhetorik.

Ich fühle mich von ihr nicht mehr vertreten. Solange sie dieses Amt innehat, stelle ich ernsthaft infrage, ob ich weiterhin Teil einer so geführten EU sein möchte. Es reicht – Europa verdient eine mutige, integre und wirklich bürgernahe Führung.

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Régime sévère, moral d’acier… et pastis aux abonnés absents

🇫🇷

Et voilà, ça fait déjà trois semaines que je me suis lancé dans cette aventure un peu folle (certains diraient héroïque) : celle de retrouver la ligne, la vraie, celle d’avant les bons petits plats, les apéros, et la vie quoi.

Poids de départ : 84,9 kg.

Objectif n°1 : passer sous la barre des 80 – ✅ C’est fait, mes amis !

Objectif n°2 : atteindre 77 kg – et ce matin, j’ai vu un magnifique 78,1 kg s’afficher sur la balance. Autant dire que le but est dans le viseur, et qu’il tremble déjà.

Objectif bonus (et un brin nostalgique) : 75–76 kg, soit mon poids en 1976 à la sortie du service militaire. Le moment où j’étais plus affûté qu’un Opinel neuf. Si j’y arrive, j’ouvre une bouteille… d’eau gazeuse bien sûr.

Côté carburant liquide, zéro goutte d’alcool depuis 21 jours. Même pas un petit rosé en terrasse, ni un pastis pour saluer le soleil couchant. Et devinez quoi ? Ça ne me manque pas du tout. Incroyable mais vrai. Qui aurait cru que je finirais par dire “non merci” au vin avec autant d’assurance qu’un moine chartreux ?

Mais tout n’est pas parfait sous le soleil occitan : mes taux de glucose, eux, jouent les rebelles. Ils avaient bien baissé au début du régime, mais les voilà qui remontent doucement mais sûrement, comme un chat sur un toit brûlant.

J’avais fièrement arrêté les injections d’insuline depuis deux semaines, pensant que tout roulait… mais force est de constater que mon pancréas fait grève. Résultat : je vais probablement devoir ressortir les seringues. Décision à prendre d’ici ce soir, entre deux tranches de concombre.

Alors non, je ne peux pas vous dire “tchin” aujourd’hui – mais je vous envoie quand même un clin d’œil bienveillant et un brin de lavande en guise de toast. Le moral est bon, le corps se transforme, et les souvenirs de mes 20 ans ne sont plus si loin.

À suivre donc, et qui sait… la prochaine fois, je vous écrirai peut-être à 75 kg tout rond, depuis un transat, bronzé, fier… et toujours aussi sobre.

JJ, sec comme le vent d’autan, mais plus léger que jamais.


🇬🇧

Operation waistline: 3 weeks later

Victory, vigilance and very Dry Martinis (aka none)

Ladies and gentlemen, hold on to your salad bowls, because we are officially three weeks into Operation Waistline — my personal (and slightly masochistic) mission to shed the flab, ditch the booze, and resurrect the lean, mean fighting machine that once marched proudly out of the army in 1976.

Let’s talk numbers.

Starting weight: 84,9 kg

First target: Under 80 kg – ✅ Achieved!

Second target: 77 kg – Almost there!

Current status: A leaner, meaner 78.1 kg as of this glorious morning weigh-in. That’s right, folks — the numbers are heading south, just like my tolerance for temptation.

And now, dare I say it… I’m eyeing the holy grail: 75–76 kg, the mythical weight I proudly flaunted as a newly released civilian, fresh out of the barracks, hair blowing in the wind (yes, I had some then). A weight I haven’t seen since disco was cool the first time around. If I can get back there, I fully expect the Ministry of Miracles to get involved.

Now let’s address the giant glass in the room: Alcohol. Or rather, the lack thereof.

Yes, it’s true. Not a drop has passed my lips in 21 days. That’s 504 hours of total sobriety, or roughly 126 missed opportunities to say, “Cheers!” But surprise twist: I don’t miss it at all. Shocking, I know. Who knew tonic water could be so… underwhelming?

However, not all is sunshine and slimmer trousers. My glucose levels, which initially showed signs of improvement, are now sneakily creeping back up — like an uninvited guest at a buffet. Despite cutting out wine, bread, and even joy, it seems my blood sugar is not quite playing ball. I had stopped insulin injections for the last two weeks, in hopeful optimism — but the data is giving me that look. You know, the “you’re not 25 anymore” look. So a decision looms today. Syringes may once again become part of the toolkit.

In the meantime, I carry on, lighter in spirit (and belly), marching toward my goal like a low-carb warrior. I won’t raise a glass, but I will raise a steely eyebrow of determination.

Here’s to health, balance, and the satisfying crunch of another celery stick.

JJ, still dry, still determined, and almost dashing again.

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Last night in Singapore (sort of)

🇬🇧

How a TV program, a couch and a craving led to a Southeast Asian daydream

🥟 Last night, somewhere between the news and a late-night yogurt I didn’t need, I found myself watching a French TV program about Singapore. You know, that famously clean, perfectly engineered city-state where chewing gum is illegal and street food is a religion.

🥟 Now, I’ve been to Singapore a few times—business trips, stopovers, those blur periods where jet lag makes you question your own existence. I’d walked the polished pavements of Chinatown, drifted through Little India, and even poked around a few outlying islands that most tourists skip in favour of the next food court. But despite the iconic skyline and air-conditioning that could refrigerate a cow, I’ve always felt Singapore was a bit… intense. Like a city built inside an Apple Store. Sleek, structured, and a bit synthetic. Also, reassuringly expensive, which is a polite way of saying “bring a second credit card.”

🥟 But the program I watched last night—oh, how it blindsided me. Between obligatory drone shots of Marina Bay Sands and someone saying “efficiency” in five languages, they actually showed parts of Singapore I’d never heard of: parks. Lots of them. Green, leafy spaces. Trails. Birds. Trees not in planters! It was like discovering your accountant has a secret tattoo sleeve and plays bass in a funk band on weekends.

🥟 But the real revelation—the scene that made me sit bolt upright on the couch, mouth half-open, remote forgotten—was the bit about the food. Dear reader, the food.

🥟 A parade of hawker stalls, sizzling woks, steam rising from bamboo baskets. Noodles, dumplings, curries, skewers—flavours colliding like bumper cars at a culinary carnival. It was a reminder of something deep, primal, and soy-sauce scented: I miss Asian food. Like really, painfully, stomach-growlingly miss it.

🥟 Because let’s face it, French cuisine is lovely, but there are only so many ways you can reimagine a duck. My soul needs spice. My spirit craves lemongrass. My tastebuds long to sweat through a bowl of something I can’t pronounce but will remember forever.

🥟 And so, like any rational person suddenly inspired by late-night television and gastrointestinal nostalgia, I’ve decided that a holiday to Southeast Asia next spring might be in order. Strictly research, of course. A cultural expedition. A reunion tour with old friends in Kuala Lumpur, Singapore, Bangkok… and whoever else is cooking.

🥟 Yes, there may be temples and museums and polite conversations about the weather. But mostly, it will be a journey from meal to meal, powered by chili, coriander, and questionable digestive decisions.

If you need me, I’ll be on Skyscanner. Or in the fridge again, pretending that leftover chèvre can pass for dim sum.

Bon appétit. Or as they say in Singlish: Shiok!


Hier soir à Singapour (enfin…presque)

Quand une émission télé, un canapé et une fringale m’ont téléporté en Asie du Sud-Est

🥟 Hier soir, quelque part entre le journal de 20h et un yaourt de fin de soirée que je n’avais absolument pas besoin de manger, je suis tombé sur une émission de la télévision française consacrée à Singapour.

🥟 Ah, Singapour… Ce petit miracle d’organisation urbaine où tout est climatisé, où l’on peut manger à toute heure, mais où mâcher un chewing-gum peut relever de l’acte révolutionnaire. J’y suis allé plusieurs fois — voyages d’affaires, escales, épisodes flous entre deux fuseaux horaires où l’on se demande si on est encore soi-même. J’ai déambulé dans Chinatown, exploré Little India, et même visité quelques îles périphériques que les touristes pressés ignorent généralement.

🥟 Mais malgré ses gratte-ciels élégants et son métro plus propre que ma cuisine, Singapour m’a toujours semblé un peu… artificiel. Dense, chirurgical, coûteux (un mot poli pour dire : vendez un rein avant de commander une bière). Pas vraiment un endroit où je me verrais poser mes valises.

Et pourtant… cette émission m’a pris par surprise.

🥟 Après les plans aériens obligatoires sur la Marina Bay Sands et quelques experts murmurant « efficacité » en six langues, ils ont montré des espaces verts. Oui, oui, des parcs ! Des arbres ! Des oiseaux ! De la verdure non plantée au millimètre dans des pots design ! Bref, un Singapour que je ne connaissais pas. J’étais à deux doigts de me demander si j’avais mal zappé et atterri sur une émission sur la Suisse.

🥟 Mais le clou du spectacle, la séquence qui m’a fait m’asseoir bien droit sur le canapé avec un regard de labrador affamé, c’était celle sur la nourriture.

🥟 Des stands de rue en ébullition, des woks crépitants, des vapeurs de raviolis, des currys, des nouilles, des brochettes, des mélanges d’épices à faire pleurer un Breton. Un carnaval de saveurs entre cuisine chinoise, indienne et malaise, le tout servi pour trois fois rien… J’ai eu un moment de silence intérieur. Et puis une révélation cuisinale : la cuisine asiatique me manque cruellement.

🥟 Entendons-nous, j’adore la gastronomie française, mais il y a une limite au nombre de fois où l’on peut redécouvrir le canard. Mon âme réclame du piment. Mon palais veut suer. Mon estomac veut pleurer de bonheur devant un bol de laksa ou un nasi lemak.

🥟 Alors, ni une, ni deux, me voilà en train d’élaborer dans ma tête des vacances en Asie du Sud-Est pour le printemps prochain. Objectif : revoir quelques amis à Kuala Lumpur, Singapour, Bangkok… et accessoirement, retrouver la ligne en marchant de restaurant en restaurant. Car oui, il y aura peut-être des temples, des musées, un brin de culture. Mais surtout : des repas, des en-cas, et encore des repas.

Et en attendant, je suis sur Skyscanner. Ou dans le frigo. À essayer de me convaincre que du chèvre sur une galette de riz, c’est un peu comme un dim sum. Spoiler : ça ne l’est pas.

Bon appétit. Ou, comme on dit à Singapour : Shiok !

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